Le mot a été forgé en 2005 par le cofondateur d’un éditeur de logiciel. Le même éditeur écrit aujourd’hui que ses composants « ne suffisent plus ».

La phrase est sur sa page de présentation du cadre qui remplace l’ancien : « les composants essentiels du marketing entrant restent essentiels, mais ils ne suffisent plus ». C’est la deuxième fois que cet éditeur retire sa propre méthodologie.

Pendant ce temps, la quasi-totalité des pages françaises positionnées sur ce terme enseignent encore la version en quatre étapes d’avant 2018, et elles sont publiées soit par cet éditeur, soit par ses agences partenaires certifiées.

Cette page ne vous expliquera donc pas comment faire de l’inbound. Nous avons déjà publié chacun de ses morceaux, et les liens sont plus bas. Elle traite deux choses que personne n’écrit : d’où vient ce mot, et combien de mois vous devez financer avant qu’il produise quelque chose.

Une méthodologie retirée deux fois par son auteur

Commençons par la généalogie, parce qu’elle explique tout le reste.

L’origine. Le terme a été forgé en 2005 par le cofondateur d’un éditeur de logiciel de gestion de la relation client, puis diffusé par un livre coécrit avec son associé et par une conférence annuelle qui porte le même nom.

Ce que décrit la méthode en quatre étapes. Attirer, convertir, conclure, fidéliser. Ce n’est pas une observation du comportement d’achat : c’est le parcours d’un contact dans le logiciel de cet éditeur, du formulaire rempli à la facture émise. Le cadre et le produit ont été conçus ensemble.

Le premier retrait, en 2018. L’éditeur remplace l’entonnoir par un modèle circulaire à trois temps, au motif que le tunnel décrivait mal la réalité du parcours.

Le second retrait. Un nouveau cadre en quatre phases différentes, accompagné de la phrase citée plus haut. L’inventeur du mot déclare lui-même que son cadre ne suffit plus, huit ans après l’avoir déjà remplacé une première fois.

Ce que cela ne prouve pas. Que la méthode soit mauvaise. Un éditeur qui fait évoluer son modèle fait son travail. Ce que cela établit, c’est qu’aucune de ces méthodologies n’est une description neutre du marché : ce sont des cadres commerciaux, révisés au rythme du produit qu’ils servent, et repris en France avec plusieurs années de retard.

Les cadres successifs proposés par l’inventeur du termeSchéma retraçant la succession des cadres méthodologiques proposés par l éditeur de logiciel dont le cofondateur a forgé le terme de marketing entrant en deux mille cinq. Le premier cadre, en usage de deux mille cinq à deux mille dix-huit, se composait de quatre étapes successives consistant à attirer, convertir, conclure puis fidéliser : il ne s agissait pas d une observation du comportement d achat mais de la description du parcours d un contact à l intérieur du logiciel de cet éditeur, depuis le formulaire rempli jusqu à la facture émise, le cadre et le produit ayant été conçus conjointement. Le deuxième cadre, introduit en deux mille dix-huit, remplace l entonnoir par un modèle circulaire à trois temps, au motif que le tunnel décrivait mal la réalité du parcours d achat. Le troisième cadre, plus récent, propose quatre phases entièrement différentes et s accompagne sur la page qui le présente d une déclaration selon laquelle les composants essentiels du marketing entrant demeurent essentiels mais ne suffisent plus, l inventeur du terme déclarant ainsi lui-même que son cadre est insuffisant, huit années après l avoir déjà remplacé une première fois. Le schéma précise que cette succession ne prouve pas que la méthode soit mauvaise, un éditeur faisant évoluer son modèle accomplissant simplement son travail, mais qu elle établit qu aucune de ces méthodologies ne constitue une description neutre du marché : ce sont des cadres commerciaux révisés au rythme du produit qu ils servent, et repris en France avec plusieurs années de décalage.Trois cadres, un seul enseigné2005 à 2018 : l’entonnoir en quatre étapesAttirer, convertir, conclure, fidéliser. C’est le parcours d’un contact dans le logiciel.Encore enseigné ici2018 : le modèle circulaireTrois temps. Motif invoqué : le tunnel décrivait mal le parcours réel.Retrait n°1Aujourd’hui : un cadre en quatre phases différentesAvec une déclaration explicite de l’éditeur sur son propre cadre précédent.Retrait n°2« Les composants essentiels du marketing entrant restent essentiels, mais ils ne suffisent plus. »
La version encore enseignée en France est celle d'avant 2018. Son auteur l'a remplacée deux fois depuis. Source : HubSpot, page Loop Marketing (2026)

Qui écrit les pages que vous lisez

Le second point tient à l’occupation du terrain, et il se vérifie en quelques clics.

L’éditeur lui-même occupe la première position sur son propre terme, ce qui est logique et ne pose aucun problème en soi.

Les positions suivantes sont tenues par ses agences partenaires certifiées. Elles proposent une prestation de mise en place, elles sont référencées comme partenaires du même éditeur, et plusieurs d’entre elles font l’objet d’une étude de cas publiée par cet éditeur.

Le détail qui mérite d’être connu. Dans certaines de ces études de cas, le résultat mis en avant est celui de l’agence elle-même, pas celui de ses clients. La page qui vous explique la méthode est donc la démonstration commerciale d’une agence qui l’a apprise de l’éditeur du logiciel qu’elle revend.

Ce que cela ne disqualifie pas. Une agence partenaire peut faire un excellent travail, et le fait d’être partenaire n’est pas un défaut. Cela devient un problème quand la page se présente comme un guide neutre, sans mentionner le lien.

Ce que cela change à votre lecture. Quand toutes les pages d’un sujet viennent du même écosystème, l’unanimité que vous constatez n’est pas un consensus de marché : c’est une seule voix, répétée par ses revendeurs.

Qui publie les pages françaises sur ce termeSchéma décrivant la composition des acteurs qui publient les pages françaises les mieux positionnées sur le terme de marketing entrant, occupation du terrain vérifiable en quelques consultations. La première position revient à l éditeur de logiciel lui-même, ce qui demeure logique sur son propre terme et ne pose aucune difficulté particulière. Les positions suivantes sont occupées par ses agences partenaires certifiées, lesquelles proposent une prestation de mise en place, sont officiellement référencées comme partenaires de ce même éditeur, et font pour plusieurs d entre elles l objet d une étude de cas publiée par l éditeur lui-même. Un détail mérite d être connu : dans certaines de ces études de cas, le résultat mis en avant est celui obtenu par l agence pour elle-même et non pour ses clients, de sorte que la page expliquant la méthode constitue la démonstration commerciale d une agence ayant appris cette méthode auprès de l éditeur du logiciel qu elle revend. Le schéma précise que cette situation ne disqualifie pas les agences partenaires, lesquelles peuvent fournir un excellent travail, le partenariat ne constituant pas en soi un défaut, mais qu elle devient problématique lorsque la page se présente comme un guide neutre sans mentionner ce lien. La conséquence pour le lecteur est que lorsque la totalité des pages traitant d un sujet émanent du même écosystème commercial, l unanimité constatée ne traduit pas un consensus de marché mais une voix unique répétée par ses revendeurs.Une voix, beaucoup de pagesL’éditeur du logicielSur son propre terme. Logique, et sans problème.Il a forgé le mot et vend l’outil qui l’accompagne.Ses agences partenaires certifiéesElles vendent la mise en placePlusieurs font l’objet d’une étude de cas publiée par l’éditeur.Les éditeurs concurrentsIls vendent le même dispositifLe désaccord porte sur l’outil, jamais sur la méthode.Les pages sans intérêt commercial sur le sujet : presque aucune.L’unanimité n’est pas un consensus quand elle vient d’un seul écosystème.
Quand toutes les pages viennent du même écosystème, l'unanimité n'est pas un consensus : c'est une voix répétée. Source : MASTRATOS (2026)

Ce que l’opposition entrant contre sortant masque

La deuxième page de tout guide du domaine oppose les deux dans un tableau. L’opposition est utile pour vendre, moins pour décider.

D’où elle vient. Il fallait un contraire pour installer un mot nouveau. Le sortant a donc été défini comme tout ce que le nouveau cadre n’était pas : publipostage, télémarketing, salons, publicité interruptive. C’est une définition en creux, construite pour faire ressortir l’autre terme.

Pourquoi elle ne tient pas. Une publicité sur un moteur de recherche répond à une intention exprimée par la personne : elle n’interrompt rien. Un article publié pour être trouvé et un mot clé acheté pour la même requête servent la même intention, avec des économies différentes. Les ranger dans deux camps opposés empêche de les comparer.

Ce que l’opposition escamote. La seule question qui compte est celle de l’horizon et du risque. Un canal payant se règle et s’arrête, avec un coût variable pilotable. Un canal éditorial ne s’arrête pas et ne se règle pas, avec un investissement engagé d’avance. Ce n’est pas entrant contre sortant, c’est immédiat et réversible contre différé et irréversible.

Le vrai arbitrage, et il est traité à part. Créer la demande ou la capter est la formulation utile de cette question, et elle est développée dans créer ou capter la demande.

Ce qui subsiste de l’idée d’origine, et qui est juste. Produire quelque chose d’utile pour être trouvé plutôt que d’acheter l’attention de gens qui ne demandaient rien reste un bon principe. Il n’avait pas besoin d’un nom de marque ni d’une méthodologie en quatre étapes pour être vrai.

Ce que masque l’opposition entre entrant et sortantSchéma analysant l opposition traditionnelle entre marketing entrant et marketing sortant, présente sur la deuxième page de tout guide du domaine sous forme de tableau comparatif, et exposant ce qu elle escamote. Cette opposition provient du besoin de disposer d un contraire pour installer un terme nouveau, le marketing sortant ayant été défini en creux comme tout ce que le nouveau cadre n était pas, à savoir le publipostage, le télémarketing, les salons professionnels et la publicité interruptive, définition construite pour faire ressortir l autre terme. Elle ne tient pas à l examen puisqu une publicité diffusée sur un moteur de recherche répond à une intention explicitement exprimée par la personne et n interrompt donc rien, un article publié pour être trouvé et un mot clé acheté sur la même requête servant la même intention avec des économies différentes, de sorte que les ranger dans deux camps opposés empêche précisément de les comparer. Ce que cette opposition escamote est la seule question qui compte réellement, celle de l horizon et du risque : un canal payant se règle et s arrête avec un coût variable pilotable, tandis qu un canal éditorial ne s arrête pas et ne se règle pas, son investissement étant engagé par avance. La véritable distinction n oppose donc pas l entrant au sortant mais l immédiat et réversible au différé et irréversible. Ce qui subsiste de l idée d origine demeure juste, à savoir que produire quelque chose d utile pour être trouvé vaut mieux qu acheter l attention de personnes qui ne demandaient rien, principe qui n avait besoin ni d un nom de marque ni d une méthodologie en quatre étapes pour être vrai.La mauvaise ligne de partageCE QU’ON VOUS PRÉSENTE : entrant contre sortantLe sortant défini en creux, comme tout ce que le nouveau mot n’était pas.IMMÉDIAT ET RÉVERSIBLESe règle, s’arrête, se reprendCoût variable pilotableVous pouvez couper demainDIFFÉRÉ ET IRRÉVERSIBLENe se règle pas, ne s’arrête pasInvestissement engagé d’avanceCe qui est produit est produitUne annonce sur une requête n’interrompt rien : elle répond à une intention exprimée.Les ranger dans deux camps opposés empêche de les comparer.
La question n'est pas entrant contre sortant. C'est immédiat et réversible contre différé et irréversible. Source : MASTRATOS (2026)

Le délai, mesuré plutôt que promis

Voici le calcul que personne ne pose, et il décide de tout.

Ce qu’on vous promet. Une majorité d’entreprises constaterait davantage de contacts au bout de sept mois. Le chiffre provient d’une enquête de l’éditeur, menée auprès de plusieurs milliers de ses propres clients payants. Ce sont donc ceux qui n’ont pas arrêté : ceux qui ont abandonné en cours de route n’y figurent pas.

Ce qui est mesuré indépendamment. Une étude publiée en mai 2025, portant sur 1,3 million de mots clés et deux millions d’adresses nouvellement créées, établit que 1,74 % des pages nouvellement publiées atteignent les dix premiers résultats en un an. La page classée première a en moyenne cinq ans, et 72,9 % des pages du premier écran ont plus de trois ans.

La réserve que nous posons. L’éditeur de cette étude vend un outil de référencement, le trafic y est estimé et non mesuré, et l’auteur reconnaît lui-même que son échantillon ne représente pas fidèlement l’ensemble du web. Nous la citons parce qu’elle va contre l’intérêt commercial de qui la publie, ce qui est le meilleur indice de sincérité disponible sur ce marché.

Ce que ces deux chiffres disent ensemble. L’un décrit ce qui arrive à ceux qui tiennent, l’autre ce qui arrive aux pages en général. Ils ne se contredisent pas : ils décrivent un dispositif à rendement très différé, dont la plupart des unités produites ne rapportent rien.

La question qui remplace toutes les autres. Non pas « est-ce que ça marche », mais « combien de mois puis-je financer une production qui ne rapporte rien avant qu’elle rapporte quelque chose ». Une entreprise qui a besoin de demandes ce trimestre n’a pas ce temps, et le lui vendre comme une économie est une erreur d’échéance.

Délai promis et délai mesuréSchéma confrontant le délai de résultat promis par les acteurs commerciaux du marketing entrant aux mesures indépendantes disponibles sur le référencement des pages nouvellement publiées. Ce qui est promis repose sur une enquête de l éditeur du logiciel selon laquelle une majorité d entreprises constaterait davantage de contacts au terme de sept mois, chiffre obtenu auprès de plusieurs milliers de clients payants de cet éditeur, c est-à-dire auprès de ceux qui n avaient pas interrompu leur abonnement, les entreprises ayant abandonné en cours de route ne figurant pas dans cette population. Ce qui est mesuré indépendamment provient d une étude publiée en mai deux mille vingt-cinq portant sur un million trois cent mille mots clés et deux millions d adresses nouvellement créées, établissant que un virgule soixante-quatorze pour cent seulement des pages nouvellement publiées atteignent les dix premiers résultats en une année, que la page classée première possède en moyenne cinq années d ancienneté, et que soixante-douze virgule neuf pour cent des pages figurant dans les dix premiers résultats ont plus de trois ans. Une réserve est posée sur cette dernière source, dont l éditeur commercialise un outil de référencement et dont les données de trafic sont estimées et non mesurées, l auteur reconnaissant lui-même que son échantillon ne représente pas fidèlement l ensemble du web, la citation demeurant justifiée parce que la mesure va contre l intérêt commercial de qui la publie. Ces deux ensembles de chiffres ne se contredisent pas mais décrivent conjointement un dispositif à rendement très différé dont la plupart des unités produites ne rapportent rien.Promis, et mesuréCE QU’ON VOUS PROMETDes résultats au bout de sept moisSource : enquête de l’éditeurauprès de ses clients payantsCeux qui ont arrêté n’y sont pasCE QUI EST MESURÉ1,74 % des pages neuvesatteignent le premier écran en un an5 ans d’âge moyenpour la page classée premièreRéserve : cette étude vient d’un éditeur d’outil, et le trafic y est estimé, pas mesuré.La question n’est pas « est-ce que ça marche ».C’est « combien de mois puis-je financer avant que ça rapporte ».
L'un décrit ceux qui ont tenu, l'autre ce qui arrive aux pages en général. Les deux décrivent un rendement très différé. Source : Ahrefs, mai 2025 (2026)

Le volume que personne ne chiffre

Il reste une question que les guides du domaine posent sans jamais y répondre : combien faut-il publier.

Ce qui est mesuré. La même famille d’études indique que la très grande majorité des pages publiées sur le web ne reçoit aucun trafic de recherche. Ce n’est pas une raison de renoncer, c’est une raison de comprendre la distribution : quelques pages portent tout, et la plupart ne portent rien.

Ce que cela change à la manière de compter. Un dispositif éditorial ne se juge pas au nombre d’articles produits mais au nombre de pages qui, deux ans plus tard, reçoivent encore des visites. Sur vingt articles, deux ou trois feront le travail, et vous ne saurez pas lesquels à l’avance.

Pourquoi cela plaide pour moins et mieux. Si la plupart des pages ne rapportent rien, produire davantage de pages médiocres ne change pas la distribution, cela allonge seulement la queue. Ce qui déplace le résultat, c’est qu’une page réponde mieux que toutes les autres à une question réelle.

La conséquence sur la cadence. Quatre articles par mois pendant un trimestre puis plus rien produit un site mort. Un article par mois pendant trois ans produit un actif. C’est la seule règle de rythme qui se vérifie, et elle est développée dans ligne éditoriale B2B.

Ce que nous faisons nous-mêmes. Nous publions sur ce site des articles longs, sourcés, et nous en écartons régulièrement dont l’analyse préalable montre que le terrain est déjà couvert. Renoncer à écrire fait partie du dispositif, et c’est ce que personne ne vend.

Les chiffres qui justifient l’investissement

Quatre affirmations reviennent. Aucune ne vient d’une mesure indépendante.

« Le contact entrant coûte soixante et un pour cent moins cher. » Enquête de janvier 2012, moins d’un millier de répondants auto-sélectionnés, coût par contact estimé par le répondant lui-même sans aucun audit. Le démarchage sortant y était défini comme le publipostage, le télémarketing et les salons. Elle compare donc un blog à un salon, pas le référencement à la publicité en ligne. Nous l’avons déjà démontée dans publicité payante ou acquisition organique.

« Trois fois plus de contacts pour soixante-deux pour cent moins cher. » Reprise d’une infographie sans date, sans méthodologie et sans source citée, agrégeant des dizaines de statistiques dont aucune n’est attribuée.

« Quatre-vingt-quatre pour cent génèrent plus de contacts en sept mois. » Enquête de l’éditeur auprès de plusieurs milliers de ses propres clients. Biais de survie et d’auto-sélection cumulés.

« Les entreprises qui bloguent reçoivent cinquante-cinq pour cent de trafic en plus. » Aucune étude primaire identifiable. Et l’affirmation présente une corrélation comme une causalité : les entreprises qui bloguent sont aussi celles qui investissent dans leur marketing par ailleurs.

Le point commun. Toutes viennent de l’écosystème qui vend le dispositif, aucune n’est datée de moins de dix ans pour les plus citées, et aucune ne repose sur un audit indépendant. La méthode pour trier ce genre de chiffres est décrite dans l’anatomie d’une page B2B qui convertit.

Ce qui vaut la peine d’être gardé

Démonter un vocabulaire ne dispense pas de dire ce qui reste utile. Trois choses.

Produire pour être trouvé plutôt que pour interrompre. L’intuition d’origine est juste, et elle précède de loin le mot qui l’a nommée. Un article qui répond à une question réelle travaille pendant des années, ce qu’aucune campagne ne fait.

Écrire pour des gens qui ne vous connaissent pas encore. C’est le vrai apport du cadre, et le plus souvent perdu de vue par ceux qui l’appliquent : la plupart des contenus d’entreprise s’adressent à des gens déjà convaincus, et ne servent donc à rien.

Accepter que l’essentiel du travail ne se voie pas tout de suite. C’est vrai, et c’est la seule promesse honnête du domaine. Elle est aussi la moins vendeuse, ce qui explique qu’elle soit enrobée dans des chiffres de retour sur investissement à sept mois.

Ce qu’il faut abandonner, en revanche. Le vocabulaire propriétaire, la méthodologie en quatre étapes que son auteur a retirée, la comparaison avec un démarchage sortant défini pour perdre, et les chiffres d’enquêtes menées par ceux qui vendent l’outil.

Ce qui reste alors. Une politique éditoriale, un calcul de délai, et une décision de trésorerie. C’est moins spectaculaire qu’une méthodologie, et cela se pilote.

Trois questions avant d’engager quoi que ce soit

Elles remplacent utilement le choix d’un cadre.

« Combien de mois puis-je financer sans résultat ? » C’est la question de trésorerie, et elle décide seule. En dessous de six mois, ce chantier n’est pas le vôtre pour l’instant.

« Qui écrira, et tiendra-t-il dans un an ? » Le facteur limitant n’est presque jamais la stratégie, c’est la personne qui produit. Les dispositifs s’arrêtent au troisième mois, pas au troisième trimestre.

« Qu’est-ce que je saurai dans six mois que je ne sais pas aujourd’hui ? » Si la réponse est le nombre de visites, c’est insuffisant. Si c’est le nombre de demandes entrantes attribuées et leur origine, vous avez un dispositif de mesure, ce qui est la condition d’un arbitrage ultérieur.

Un mot sur l’ordre. Si vous hésitez entre ce chantier et d’autres, la question de la séquence est traitée dans marque, site ou acquisition, et nous y assumons un parti pris.

Où se trouve chaque morceau, chez nous

Le reste de ce sujet est déjà traité, et mieux qu’en le résumant ici. Voici la table d’aiguillage.

Le modèle du tunnel et sa critique. Ses trois étages, son origine, et pourquoi le parcours réel n’y ressemble pas : TOFU, MOFU, BOFU.

Le coût réel de l’acquisition organique. Le temps de production, sa conversion en euros, le délai avant classement, et l’opposition entre coût variable pilotable et investissement à fonds perdus : publicité payante ou acquisition organique.

Quoi publier, à quelle cadence, par qui. Ligne éditoriale B2B.

Le document à télécharger et ce qu’il vaut. Livre blanc B2B.

Les scénarios automatisés et leur seuil de volume. Marketing automation.

La lettre d’information, son coût et sa mesure. Newsletter B2B.

Créer la demande ou la capter. C’est la même question que l’opposition entrant contre sortant, mieux posée : créer ou capter la demande.

Ce que les réponses générées changent au référencement. Aperçus IA et trafic organique.

Par quoi commencer. Marque, site ou acquisition, l’ordre d’investissement.

En bref

  • Le mot a été forgé en 2005 par le cofondateur d’un éditeur de logiciel, et la méthode en quatre étapes décrit le parcours d’un contact dans ce logiciel.
  • Son auteur l’a retirée deux fois, et écrit désormais que ses composants « ne suffisent plus ».
  • La France enseigne encore la version d’avant 2018, publiée par cet éditeur et ses partenaires certifiés.
  • 1,74 % des pages neuves atteignent le premier écran en un an, et la page classée première a cinq ans en moyenne.
  • Les chiffres qui justifient l’investissement viennent d’enquêtes déclaratives menées par l’éditeur auprès de ses propres clients.
  • La bonne question n’est pas « est-ce que ça marche », mais combien de mois vous pouvez financer avant que ça rapporte.
  • Le reste du sujet est traité ailleurs, en pièces détachées et sans le vocabulaire de personne.

Si l’on vous vend l’inbound comme une économie, demandez à partir de quel mois. Parlons de votre projet, ou découvrez notre approche de l’acquisition.