L’argument qui fait ouvrir un compte Microsoft Advertising est son ciblage par entreprise, par secteur et par fonction, hérité de LinkedIn que Microsoft possède. Sa documentation dit que les données sous-jacentes excluent les consommateurs de l’Espace économique européen. La France n’est pas dans la liste des marchés couverts.

La phrase exacte, sur la page de disponibilité par marché : « la capacité de ciblage par profil LinkedIn est disponible partout dans Microsoft Advertising. Cependant, les données sous-jacentes excluent les consommateurs des pays de l’Espace économique européen pour des raisons réglementaires. » Suivent 23 marchés. Ni la France, ni l’Allemagne, ni aucun pays de l’Espace économique européen, ni le Royaume-Uni n’y figurent.

Ce que vous lirez ailleurs, y compris dans des documentations plus anciennes citant la France parmi les marchés couverts, est périmé.

Cet article décrit ce que cette régie fait réellement de votre argent en France : ce qu’elle diffuse sans vous le demander, ce qu’elle exige avant de vous laisser diffuser, ce qu’elle publie de ses prix, ce que pèse vraiment Bing, et pourquoi le second argument qui fait ouvrir ces comptes ne tient plus non plus.

Le ciblage qui justifie ce canal, et ce qu’il ne voit pas

Reprenons posément, parce que c’est le point qui décide de l’ouverture du compte.

Ce que ce ciblage fait. Trois critères : l’entreprise, le secteur et la fonction. Il fonctionne en ajustement d’enchère seulement, ce qui veut dire qu’il n’exclut personne : il majore ou minore votre enchère quand le critère est reconnu. Jusqu’à mille entreprises par groupe d’annonces, saisies à la main, sans import de fichier. Il est disponible sur les campagnes de recherche, dynamiques, Shopping et Audience.

Ce qu’il ne fait pas en France. Les données sous-jacentes excluent les consommateurs des pays de l’Espace économique européen. La liste des 23 marchés couverts comprend l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, l’Équateur, l’Égypte, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, la Malaisie, le Mexique, le Nigeria, le Pérou, les Philippines, l’Arabie saoudite, Singapour, l’Afrique du Sud, Taïwan, la Thaïlande, les États-Unis et le Vietnam.

L’origine de cette exclusion est documentée. Dans son rapport de conformité au règlement européen sur les marchés numériques, publié en mars 2024, Microsoft indique que LinkedIn a mis fin à trois flux de données vers Microsoft Advertising pour se conformer à l’article 5, paragraphe 2, point c) de ce règlement. Le détail des flux est caviardé dans la version publique. Ce que la page de disponibilité par marché constate aujourd’hui en est la conséquence visible.

La conséquence pratique est nette. Une entreprise française qui ouvre ce compte pour cibler des entreprises françaises par secteur et par fonction n’obtiendra pas ce qu’elle est venue chercher. Il lui reste le ciblage ordinaire : géographie, horaire, appareil, âge, sexe, audiences d’intention d’achat, reciblage et listes clients.

Une réserve d’honnêteté. Nous rapportons l’état de la documentation officielle au 5 octobre 2026. Nous n’avons pas pu tester ce critère depuis un compte français réel. Si vous en avez un, la vérification prend cinq minutes et elle vaut la peine d’être faite avant d’engager un budget sur cet argument.

Marches couverts par le ciblage par profil professionnel de Microsoft Advertising et exclusion de l Espace economique europeenPerimetre geographique reel du ciblage par profil professionnel de la regie Microsoft Advertising, critere qui constitue son principal argument commercial puisqu il permet de cibler par entreprise, par secteur et par fonction a partir de donnees heritees de la plateforme professionnelle que Microsoft possede. La page officielle de disponibilite par marche indique que la capacite de ciblage par profil est disponible partout dans Microsoft Advertising, mais que les donnees sous jacentes excluent les consommateurs des pays de l Espace economique europeen pour des raisons reglementaires, et elle liste ensuite vingt trois marches couverts : Argentine, Australie, Bresil, Canada, Chili, Colombie, Equateur, Egypte, Inde, Indonesie, Japon, Malaisie, Mexique, Nigeria, Perou, Philippines, Arabie saoudite, Singapour, Afrique du Sud, Taiwan, Thailande, Etats Unis et Vietnam. Ne figurent dans cette liste ni la France, ni l Allemagne, ni aucun pays de l Espace economique europeen, ni le Royaume Uni. L origine de cette exclusion est documentee par Microsoft lui meme dans son rapport de conformite au reglement europeen sur les marches numeriques publie en mars deux mille vingt quatre, lequel indique que la plateforme professionnelle a mis fin a trois flux de donnees vers Microsoft Advertising afin de se conformer a l article cinq paragraphe deux point c de ce reglement, le detail de ces flux etant caviarde dans la version publique du document. Quant au fonctionnement du critere lui meme, il repose sur trois axes, l entreprise, le secteur et la fonction, et il opere en ajustement d enchere seulement, c est a dire qu il n exclut personne mais majore ou minore l enchere lorsque le critere est reconnu, avec un plafond de mille entreprises par groupe d annonces saisies a la main sans import de fichier. La consequence pratique est qu une entreprise francaise ouvrant ce compte pour cibler des entreprises francaises par secteur et par fonction n obtiendra pas ce qu elle est venue chercher, et qu il lui reste le ciblage ordinaire par geographie, horaire, appareil, age, sexe, audiences d intention d achat, reciblage et listes clients.23 marchés couverts, et pas un seul en EuropeLA PHRASE DE LA DOCUMENTATION« Les données sous-jacentes excluent les consommateurs des pays de l’Espace économiqueeuropéen pour des raisons réglementaires. »LES MARCHÉS COUVERTSArgentine, Australie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Équateur, Égypte, Inde, Indonésie,Japon, Malaisie, Mexique, Nigeria, Pérou, Philippines, Arabie saoudite, Singapour,Afrique du Sud, Taïwan, Thaïlande, États-Unis, Vietnam.CE QUI N’Y EST PASLa France. L’Allemagne. L’EEE entier.Et le Royaume-Uni.L’ORIGINE, DOCUMENTÉETrois flux de données coupés pour seconformer au droit européen, en 2024.
L'argument qui fait ouvrir ces comptes ne s'applique pas à une audience française. La page de disponibilité par marché le dit. Source : Centre d'aide Microsoft Advertising, disponibilité par marché (2026)

Ce que vous ne pouvez pas refuser

Le second fait à connaître avant d’ouvrir le compte tient en trois phrases de la documentation, qu’il faut lire ensemble.

L’inscription est automatique. « Les annonces dans Copilot sont créées automatiquement à partir des éléments existants de votre campagne, texte et images compris. Tous les types de campagne et d’annonce éligibles sont automatiquement inscrits à la diffusion dans Copilot. »

Le retrait est impossible. « Les annonceurs ne peuvent pas se retirer de cette diffusion, et il n’existe aucune garantie que leurs annonces y soient affichées. » Les deux moitiés de la phrase comptent autant l’une que l’autre : vous ne pouvez pas dire non, et on ne vous promet rien en échange.

La mesure n’existe pas. « Microsoft Advertising ne prend actuellement pas en charge de métriques spécifiques pour les annonces diffusées dans Copilot. »

Mises bout à bout, ces trois phrases décrivent une part de budget dépensée sans consentement possible et sans lecture. Ce n’est pas un scandale, c’est une caractéristique du produit, et elle doit être connue avant d’ouvrir le compte plutôt qu’après.

Deux précisions, et elles vont dans le bon sens. D’abord une condition d’éligibilité concrète : « les annonces de recherche doivent comporter un logo pour être éligibles à l’affichage dans Copilot ». Ne pas renseigner l’extension logo réduit donc mécaniquement votre éligibilité. Ensuite, le seul levier de contrôle documenté existe et il fonctionne : les mots-clés à exclure s’appliquent à Copilot « de la même façon que pour les recherches web ». C’est une raison de plus de soigner sa liste d’exclusions.

Enfin, Copilot n’apparaît dans aucun réglage de diffusion. Ce n’est pas un emplacement que l’on achète ou que l’on décoche, c’est une extension automatique de l’inventaire de recherche.

Regime applicable a la diffusion des annonces Microsoft Advertising dans l assistant CopilotRegime applicable a la diffusion des annonces de la regie Microsoft Advertising dans l assistant Copilot, etabli a partir de la page officielle que la regie consacre a ce sujet. Trois regles se degagent, et elles doivent etre lues ensemble. Premiere regle, l inscription est automatique : la documentation indique que les annonces dans Copilot sont creees automatiquement a partir des elements existants de la campagne, texte et images compris, et que tous les types de campagne et d annonce eligibles sont automatiquement inscrits a la diffusion dans Copilot. Deuxieme regle, le retrait est impossible et aucune contrepartie n est promise : la documentation indique que les annonceurs ne peuvent pas se retirer de cette diffusion et qu il n existe aucune garantie que leurs annonces y soient affichees, les deux moities de cette phrase comptant autant l une que l autre. Troisieme regle, la mesure n existe pas : la documentation indique que Microsoft Advertising ne prend actuellement pas en charge de metriques specifiques pour les annonces diffusees dans Copilot. Mises bout a bout, ces trois regles decrivent une part du budget publicitaire depensee sans consentement possible de l annonceur et sans lecture possible de son rendement. Deux elements viennent toutefois nuancer ce constat et constituent les seuls leviers disponibles. D une part une condition d eligibilite concrete, la documentation precisant que les annonces de recherche doivent comporter un logo pour etre eligibles a l affichage dans Copilot, de sorte que ne pas renseigner l extension logo reduit mecaniquement l eligibilite. D autre part le seul garde fou documente, les mots cles a exclure s appliquant a Copilot de la meme facon que pour les recherches web, ce qui constitue une raison supplementaire de soigner sa liste d exclusions. Il faut enfin noter que Copilot n apparait dans aucun des reglages de diffusion de la regie : ce n est pas un emplacement que l on achete ou que l on decoche, mais une extension automatique de l inventaire de recherche.Copilot : trois phrases de la régie, lues ensembleINSCRIPTION AUTOMATIQUE« Tous les types de campagne et d’annonce éligibles sont automatiquement inscrits. »RETRAIT IMPOSSIBLE« Les annonceurs ne peuvent pas se retirer, et il n’existe aucune garantie d’affichage. »AUCUNE MÉTRIQUE« Microsoft Advertising ne prend pas en charge de métriques spécifiques pour Copilot. »Il reste deux leviers, et ce sont les seuls.Les mots-clés à exclure s’y appliquent comme sur la recherche web.Et sans extension logo, une annonce de recherche n’est pas éligible à Copilot.
Inscription automatique, retrait impossible, aucune métrique. Les trois phrases sont de la régie, pas de nous. Source : Microsoft Learn, aide Microsoft Advertising (2026)

Deux obligations à régler avant de diffuser

Celles-ci ne figurent dans aucun argumentaire commercial, et l’une des deux arrête silencieusement votre mesure.

Le consentement n’est plus optionnel, et il a une date. Depuis le 5 mai 2025, un annonceur diffusant dans l’Espace économique européen, au Royaume-Uni ou en Suisse doit transmettre des signaux de consentement, soit par le mode de consentement de la balise, soit par le cadre de transparence et de consentement du secteur. Jamais les deux ensemble.

La sanction n’est pas financière, elle est pire. En cas de défaut constaté, c’est-à-dire si les cookies de la régie sont déposés avant interaction avec votre bandeau ou après un refus, la régie cesse de suivre vos conversions et d’alimenter vos listes de reciblage. Vous continuez de dépenser, et vous cessez de mesurer. Une campagne qui ne remonte rien depuis des mois peut donc être victime de cela plutôt que d’un problème de performance.

Deux précisions utiles. En mode avancé, la balise se charge avec un refus par défaut, des données anonymisées sont collectées puis modélisées. En mode simple, rien n’est envoyé avant consentement. Et dans l’Espace économique européen, en l’absence de signal, la valeur appliquée par défaut est le refus, alors qu’ailleurs c’est l’acceptation.

Les conversions modélisées existent en Europe, et elles ont un seuil. Elles sont disponibles dans l’Espace économique européen, en Suisse et au Royaume-Uni pour les annonceurs éligibles, à condition que la balise et le mode de consentement soient correctement installés, et que le compte atteigne au moins 700 clics hebdomadaires sur le marché visé. Les conversions hors ligne n’y comptent pas. En dessous de ce seuil, vous ne récupérez rien de ce qui est perdu par le refus.

La vérification d’identité est imposée en Europe. La France figure parmi les 30 pays de l’Espace économique européen concernés. Sans vérification, les annonces peuvent cesser d’être diffusées dans cette zone. Comptez un numéro d’enregistrement, des justificatifs d’existence de la société, une preuve de droit sur le domaine et une adresse électronique professionnelle, pour une revue annoncée en trois à cinq jours ouvrés. La plupart des nouveaux comptes disposent de trente jours pour s’y conformer.

Obligations europeennes de consentement et de verification d identite applicables a un annonceur sur Microsoft AdvertisingLes deux obligations que le droit europeen fait peser sur un annonceur diffusant sur la regie Microsoft Advertising, et la consequence operationnelle de leur non respect. Premiere obligation, la transmission de signaux de consentement est requise depuis le cinq mai deux mille vingt cinq pour tout annonceur diffusant dans l Espace economique europeen, au Royaume Uni ou en Suisse, soit par le mode de consentement de la balise de suivi soit par le cadre de transparence et de consentement du secteur, mais jamais les deux ensemble. La sanction n est pas financiere mais operationnelle : lorsqu un defaut est constate, c est a dire lorsque les cookies de la regie sont deposes avant interaction avec le bandeau ou apres un refus, la regie cesse de suivre les conversions et d alimenter les listes de reciblage, de sorte que l annonceur continue de depenser tout en cessant de mesurer, et qu une campagne ne remontant plus rien depuis des mois peut en etre victime plutot que souffrir d un probleme de performance. Deux precisions techniques accompagnent cette obligation : en mode avance la balise se charge avec un refus par defaut, des donnees anonymisees etant collectees puis modelisees, tandis qu en mode simple rien n est envoye avant consentement ; et dans l Espace economique europeen la valeur appliquee par defaut en l absence de signal est le refus, alors qu ailleurs c est l acceptation. Les conversions modelisees qui permettent de recuperer une partie de ce qui est perdu par le refus sont disponibles dans l Espace economique europeen, en Suisse et au Royaume Uni, mais sous condition d un seuil de sept cents clics hebdomadaires au moins sur le marche vise, les conversions hors ligne n y comptant pas. Seconde obligation, la verification d identite de l annonceur est imposee dans l Espace economique europeen, la France figurant parmi les trente pays concernes, et les annonces peuvent cesser d y etre diffusees a defaut de verification ; elle suppose un numero d enregistrement, des justificatifs d existence de la societe, une preuve de droit sur le domaine et une adresse electronique professionnelle, pour une revue annoncee en trois a cinq jours ouvres, la plupart des nouveaux comptes disposant de trente jours pour s y conformer.Deux obligations, et une sanction qui ne coûte rienCONSENTEMENT, DEPUIS LE 5 MAI 2025Obligatoire dans l’EEE, au Royaume-Uniet en Suisse.Mode de consentement de la balise, ou cadredu secteur. Jamais les deux ensemble.VÉRIFICATION D’IDENTITÉImposée dans l’EEE, France comprise.Sans elle, les annonces peuvent cesserd’être diffusées dans la zone.Revue en 3 à 5 jours ouvrés, 30 jours pour s’y conformer.La sanction n’est pas une amende. C’est pire.En cas de défaut, la régie cesse de suivre vos conversions et d’alimenter vos listes de reciblage.Vous continuez de dépenser, et vous cessez de mesurer.Les conversions modélisées rattrapent une partie de la perte, mais à partir de 700 clics hebdomadaires sur le marché visé.
Un défaut de consentement n'entraîne pas d'amende. Il arrête le suivi des conversions et le reciblage. Source : Microsoft Learn, aide Microsoft Advertising (2026)

Où vos annonces diffusent, et ce que la régie n’en dit pas

Le réseau se divise en deux moitiés, et la documentation emploie pour les décrire une tournure qu’il faut prendre au sérieux.

La recherche. Les annonces « peuvent apparaître avec les résultats de recherche sur des sites tels que Microsoft Bing, AOL, Yahoo, DuckDuckGo, Ecosia et d’autres partenaires ».

L’audience. Les annonces « peuvent apparaître sur des sites tels que MSN, Microsoft Start, Microsoft Edge, Outlook.com et des éditeurs partenaires ». Concrètement : la page de nouvel onglet d’Edge, la messagerie Outlook, le portail MSN, et les jeux occasionnels de Microsoft et de King, Candy Crush compris.

« Des sites tels que » n’est pas une liste. C’est une énumération d’exemples, et la régie ne publie nulle part la liste complète de ses partenaires syndiqués. Vous achetez donc un inventaire dont vous ne connaissez pas la composition exacte.

Vous ne pouvez pas en sortir complètement. Il n’existe que deux réglages de diffusion. Le premier couvre l’ensemble du réseau. Le second, présenté comme restrictif, couvre « les sites Microsoft et le trafic sélectionné », c’est-à-dire qu’il conserve du « trafic partenaire sélectionné dont les performances publicitaires et les taux de conversion sont similaires à ceux de Microsoft Bing ». L’option « Microsoft seul » n’existe pas.

Et vous ne pouvez pas voir le détail. La documentation l’écrit : « parce que ces sites sont reportés de manière agrégée, vous ne pouvez pas consulter de rapports individuels pour chaque domaine. » Le recours existe mais il est a posteriori : sortir le rapport par URL d’éditeur et exclure les domaines au fil de l’eau.

Deux points de périmètre, enfin, que les comparatifs oublient. Le réseau de contenu est mort : « Microsoft Advertising a cessé de diffuser des annonces sur le réseau de contenu. » Et la recherche syndiquée a une restriction géographique que la régie signale sans la documenter : elle indique que « la recherche syndiquée n’est disponible que dans certains pays », et la page vers laquelle elle renvoie pour la liste ne contient aucune liste de pays. Le renvoi est cassé, et le statut exact de la France n’est donc pas public.

Composition du reseau de diffusion Microsoft Advertising et reglages de diffusion disponiblesComposition du reseau de diffusion de la regie Microsoft Advertising et reglages de diffusion effectivement disponibles pour un annonceur, etablis a partir de la documentation officielle de la regie. Le reseau se divise en deux moities. La premiere est la recherche, la documentation indiquant que les annonces peuvent apparaitre avec les resultats de recherche sur des sites tels que Microsoft Bing, AOL, Yahoo, DuckDuckGo, Ecosia et d autres partenaires. La seconde est l audience, la documentation indiquant que les annonces peuvent apparaitre sur des sites tels que MSN, Microsoft Start, Microsoft Edge, Outlook point com et des editeurs partenaires, ce qui recouvre concretement la page de nouvel onglet du navigateur Edge, la messagerie Outlook, le portail MSN et les jeux occasionnels de Microsoft et de King, dont Candy Crush. La tournure employee par la documentation, des sites tels que, doit etre prise au serieux car il s agit d une enumeration d exemples et non d une liste : la regie ne publie nulle part la liste complete de ses partenaires syndiques, de sorte que l annonceur achete un inventaire dont il ne connait pas la composition exacte. Du cote des reglages, il n existe que deux options. La premiere couvre l ensemble du reseau publicitaire. La seconde, presentee comme restrictive, couvre les sites Microsoft et le trafic selectionne, ce qui conserve du trafic partenaire selectionne dont les performances publicitaires et les taux de conversion sont similaires a ceux de Microsoft Bing. Il en resulte qu une option Microsoft seul n existe pas et qu il est impossible de sortir totalement du trafic partenaire. La regie precise par ailleurs que parce que ces sites sont reportes de maniere agregee, l annonceur ne peut pas consulter de rapports individuels pour chaque domaine, le seul recours disponible consistant a sortir le rapport par URL d editeur et a exclure les domaines a posteriori. Deux points de perimetre completent ce tableau : le reseau de contenu est arrete, la regie indiquant avoir cesse d y diffuser des annonces, et la recherche syndiquee fait l objet d une restriction geographique que la regie signale sans la documenter puisqu elle indique que la recherche syndiquee n est disponible que dans certains pays tandis que la page vers laquelle elle renvoie pour la liste ne contient aucune liste de pays.Un réseau en deux moitiés, et deux réglagesRECHERCHEBing, AOL, Yahoo, DuckDuckGo, Ecosia« et d’autres partenaires »La liste complète n’est publiée nulle part.AUDIENCEMSN, Microsoft Start, Edge, OutlookJeux Microsoft et KingNouvel onglet d’Edge, messagerie, Candy Crush.LES DEUX SEULS RÉGLAGESTout le réseau, ou « sites Microsoft et trafic sélectionné ».« Microsoft seul » n’existe pas.« Parce que ces sites sont reportés de manière agrégée, vous ne pouvez pas consulterde rapports individuels pour chaque domaine. »Le recours existe, mais après coup : sortir le rapport par URL d’éditeur, puis exclure.
L'option « Microsoft seul » n'existe pas, et les sites partenaires ne sont reportés qu'en agrégé. Source : Microsoft Learn, aide Microsoft Advertising (2026)

Le chiffre français, et celui qu’il ne faut pas citer

C’est la question qui décide de l’ouverture du compte, et les deux camps se trompent.

Ce que Bing pèse réellement en France. Nous avons téléchargé le relevé StatCounter sur douze mois plutôt que de reprendre un chiffre de seconde main. Tous appareils confondus, Bing est à 5,49 % en septembre 2026, pour une moyenne de 5,52 % sur les douze derniers mois. Le reste du classement français : Yahoo à 2,75 %, Ecosia à 1,34 %, Qwant à 0,86 %, DuckDuckGo à 0,84 %, et Google à 88,14 %.

Sur ordinateur, c’est un autre moteur. La moyenne sur douze mois approche 12,6 %. C’est l’écart réellement intéressant pour une entreprise qui vend à d’autres entreprises : Bing est le moteur par défaut d’Edge sur Windows, et Windows est ce qu’il y a sur les postes de travail.

Un avertissement de lecture, parce que nous nous sommes nous-mêmes trompés dessus. Le dernier mois publié, septembre 2026, affiche sur ordinateur un bond de 10,98 % à 15,83 %, avec Google chutant de 79,74 % à 70,86 % dans le même temps. Or la série tous appareils, elle, n’a pas bougé. Si Bing avait réellement gagné cinq points sur ordinateur, le total aurait suivi. C’est donc très probablement un artefact d’attribution d’appareil, sur le mois le plus récent et donc le plus susceptible d’être révisé. Ne citez pas ce 15,83 %. La moyenne annuelle de 12,6 % est, elle, stable sur toute la période.

Et le chiffre que Microsoft met en avant ne vous concerne pas. Sa page produit affiche « 38,1 % de part de marché ». La note de bas de page dit tout : « Comscore qSearch, Explicit Core Search (custom), mars 2023, États-Unis, trafic ordinateur uniquement. » Mauvais pays, mauvais appareil, et des données de plus de trois ans et demi. C’est la source première de la plupart des exagérations qui circulent sur ce canal.

La formulation défendable tient en une phrase : Bing pèse environ 5,5 % des recherches en France tous appareils et de l’ordre de 12,6 % sur ordinateur, le réseau publicitaire va au-delà du seul Bing, et Microsoft ne publie aucun chiffre de couverture pour la France.

Part de marche du moteur Bing en France comparee au chiffre de part de marche affiche par MicrosoftComparaison entre la part de marche reelle du moteur de recherche Bing en France et le chiffre de part de marche que Microsoft met en avant sur sa page produit. La mesure francaise provient d un relevé StatCounter telecharge sur douze mois, d octobre deux mille vingt cinq a septembre deux mille vingt six. Tous appareils confondus, Bing s etablit a cinq virgule quarante neuf pour cent en septembre deux mille vingt six, pour une moyenne de cinq virgule cinquante deux pour cent sur la periode, le reste du classement francais etant compose de Google a quatre vingt huit virgule quatorze pour cent, Yahoo a deux virgule soixante quinze pour cent, Ecosia a un virgule trente quatre pour cent, Qwant a zero virgule quatre vingt six pour cent et DuckDuckGo a zero virgule quatre vingt quatre pour cent. Sur ordinateur seulement, la moyenne de Bing sur douze mois approche douze virgule six pour cent, cet ecart entre ordinateur et mobile s expliquant par le fait que Bing est le moteur par defaut du navigateur Edge sur Windows, c est a dire sur les postes de travail, ce qui en fait la donnee la plus pertinente pour une entreprise vendant a d autres entreprises. Un avertissement de lecture s impose sur le dernier mois publie : septembre deux mille vingt six affiche sur ordinateur un bond de dix virgule quatre vingt dix huit a quinze virgule quatre vingt trois pour cent tandis que Google chute de soixante dix neuf virgule soixante quatorze a soixante dix virgule quatre vingt six pour cent, alors meme que la serie tous appareils n a pas bouge sur le meme mois, ce qui indique selon toute vraisemblance un artefact d attribution d appareil plutot qu un gain reel et conduit a ne pas citer ce chiffre. Du cote de Microsoft, la page produit affiche trente huit virgule un pour cent de part de marche, mais la note de bas de page precise que la source est Comscore qSearch, Explicit Core Search, mars deux mille vingt trois, Etats Unis, trafic ordinateur uniquement, ce qui disqualifie ce chiffre pour un lecteur francais sur trois plans a la fois, le pays, l appareil et l anciennete.Deux chiffres, et un seul vous concerneMESURÉ EN FRANCE, SUR 12 MOIS5,5 %tous appareils12,6 %sur ordinateurStatCounter, oct. 2025 à sept. 2026.AFFICHÉ PAR MICROSOFT38,1 %de part de marchéNote de bas de page : Comscore qSearch,mars 2023, États-Unis, ordinateur uniquement.Mauvais pays, mauvais appareil, et trois ans et demi.Le dernier mois publié est à écarter, et nous l’avons d’abord cité à tort.Septembre 2026 fait bondir Bing de 10,98 % à 15,83 % sur ordinateur, Google chutant de 79,74 % à 70,86 %.Mais la série tous appareils, elle, n’a pas bougé. Un gain réel de cinq points se verrait dans le total.C’est donc un artefact d’attribution d’appareil. La moyenne annuelle, elle, est stable sur toute la période.
Microsoft affiche 38,1 %. C'est une mesure américaine, sur ordinateur seulement, et elle date de mars 2023. Source : StatCounter Global Stats, France, relevé sur douze mois (2026)

Les seuils, et pour une fois ils sont en euros

C’est un détail, et c’est pourtant ce qui distingue cette régie de la plupart des autres : elle publie ses planchers, en euros, dans un tableau consultable.

Pour un compte libellé en euros, la documentation donne une enchère minimale de 0,05 euro, un budget journalier minimum de 0,05 euro et un budget mensuel minimum de 5 euros. Pour les campagnes Shopping, l’enchère minimale descend à 0,01 euro, avec un minimum recommandé de 0,05 euro.

Deux réserves. La première vient de la régie elle-même, qui écrit juste au-dessus du tableau que « les enchères et budgets minimums et maximums de chaque devise ci-dessous sont susceptibles de changer ». La seconde relève du bon sens : un plancher de 5 euros par mois n’est pas un budget de travail, c’est l’absence de ticket d’entrée. Ce que cela signifie pour une PME, c’est qu’il n’y a pas de barrière financière à l’ouverture du compte. La contrainte réelle est ailleurs, dans le volume de conversions nécessaire pour que quoi que ce soit devienne lisible.

Sur le coût par clic, en revanche, la régie ne publie rien. Nous avons vérifié ses deux pages consacrées au sujet, celle sur les bonnes pratiques de maîtrise du coût et celle du produit recherche. Ni l’une ni l’autre ne donne le moindre montant. La seule phrase sur le sujet est : « vous pouvez commencer avec un petit budget et monter en puissance à mesure que vous apprenez ce qui fonctionne. » Aucune institution française ne publie davantage.

ChatGPT ne tourne pas sur Bing, et sa publicité ne s’achète pas chez Microsoft

C’est l’argument qui fait ouvrir la plupart des comptes Microsoft Advertising en France depuis deux ans. Il ne tient pas, et il fait manquer le vrai sujet.

Ce qu’OpenAI a écrit, et ce qu’il n’a jamais écrit. L’annonce fondatrice de ChatGPT search, en octobre 2024, dit ceci dans sa version française officielle : « ChatGPT search utilise des fournisseurs de recherche tiers, ainsi que du contenu fourni directement par nos partenaires. » Le mot Bing n’y figure pas. Le mot Microsoft non plus. La page porte aujourd’hui un bandeau indiquant qu’elle décrit l’état de 2024 et renvoie à l’expérience actuelle.

L’état actuel, dans le centre d’aide d’OpenAI, est plus prudent encore : « pour fournir des réponses pertinentes à vos questions, ChatGPT search s’associe parfois à d’autres fournisseurs de recherche. » Deux fournisseurs sont nommés dans les politiques de confidentialité à consulter : Microsoft et Shopify. C’est la seule mention officielle et actuelle de Microsoft dans cette chaîne, et l’adverbe fait tout le travail.

La preuve qu’OpenAI exploite son propre index est publique et actionnable. Sa documentation des robots d’indexation écrit : « OAI-SearchBot sert à la recherche. Il est utilisé pour faire apparaître des sites dans les résultats de recherche des fonctionnalités de recherche de ChatGPT. Les sites désinscrits d’OAI-SearchBot n’apparaîtront pas dans les réponses de recherche de ChatGPT, même s’ils peuvent encore figurer comme liens de navigation. »

C’est l’information la plus utile de toute cette section : ce qui détermine votre présence dans les réponses de ChatGPT, c’est une ligne de votre fichier robots.txt, pas votre indexation Bing ni votre budget Microsoft. Un site parfaitement indexé par Bing mais qui bloque ce robot est invisible dans ChatGPT.

Et la publicité dans ChatGPT existe, mais elle s’achète ailleurs. Deux éléments le démontrent. D’abord, OpenAI exploite son propre robot de validation des annonces : « OAI-AdsBot sert à valider la sécurité des pages web soumises comme annonces sur ChatGPT. » Une régie qui sous-traiterait sa commercialisation n’en aurait pas besoin. Ensuite, OpenAI a publié la liste de ses partenaires commerciaux : Dentsu, Omnicom, Publicis, WPP pour les agences, Adobe, Criteo, Kargo, Pacvue et StackAdapt pour la technologie, en précisant que « le système publicitaire d’OpenAI contrôle toutes les décisions de diffusion ». Microsoft ne figure dans aucune de ces listes.

Le fait neuf, et il date de cinq semaines. Depuis le 31 août 2026, l’accès en libre-service à ChatGPT Ads est ouvert en France. OpenAI l’écrit dans sa communication en français : « l’accès en libre-service à ChatGPT Ads via Ads Manager est désormais disponible dans les 31 marchés européens annoncés ci-dessous », la France figurant parmi eux. Les annonces ne sont affichées qu’aux utilisateurs des offres gratuite et Go, les abonnements supérieurs restant sans publicité.

Autrement dit : une PME française qui veut être présente dans ChatGPT a deux leviers, et aucun des deux ne passe par Microsoft. Le premier est gratuit et tient dans son robots.txt. Le second est une régie distincte, ouverte depuis peu, chez OpenAI.

Repartition entre OpenAI et Microsoft des leviers de visibilite et de publicite sur ChatGPTRepartition exacte entre OpenAI et Microsoft des leviers dont dispose une entreprise pour etre presente dans ChatGPT, question sur laquelle l affirmation la plus repandue en France ne tient pas. Sur la visibilite dans les reponses, le levier releve entierement d OpenAI : sa documentation des robots d indexation indique que le robot nomme OAI-SearchBot sert a la recherche et est utilise pour faire apparaitre des sites dans les resultats de recherche des fonctionnalites de recherche de ChatGPT, et que les sites desinscrits de ce robot n apparaitront pas dans les reponses de recherche de ChatGPT meme s ils peuvent encore figurer comme liens de navigation. Ce qui determine la presence d un site dans ChatGPT est donc une ligne de son fichier robots point txt, et non son indexation par Bing ni son budget publicitaire Microsoft. Sur la publicite, le levier releve egalement d OpenAI : celui ci exploite son propre robot de validation des annonces, nomme OAI-AdsBot, dont la documentation precise qu il sert a valider la securite des pages web soumises comme annonces sur ChatGPT ; et OpenAI a publie la liste de ses partenaires commerciaux, a savoir Dentsu, Omnicom, Publicis et WPP pour les agences ainsi qu Adobe, Criteo, Kargo, Pacvue et StackAdapt pour la technologie, en precisant que le systeme publicitaire d OpenAI controle toutes les decisions de diffusion. Microsoft ne figure dans aucune de ces listes. L acces en libre service a cette regie est ouvert en France depuis le trente et un aout deux mille vingt six, les annonces n etant affichees qu aux utilisateurs des offres gratuite et Go, les abonnements superieurs restant sans publicite. La seule mention officielle et actuelle de Microsoft dans la chaine de recherche de ChatGPT figure dans le centre d aide d OpenAI, qui indique que ChatGPT search s associe parfois a d autres fournisseurs de recherche et nomme deux societes dans les politiques de confidentialite a consulter, Microsoft et Shopify, l adverbe parfois faisant tout le travail.Être présent dans ChatGPT : deux leviers, zéro MicrosoftAPPARAÎTRE DANS LES RÉPONSESUne ligne de votre robots.txt« Les sites désinscrits d’OAI-SearchBotn’apparaîtront pas dans les réponses derecherche de ChatGPT. »Gratuit. Rien à voir avec l’indexation Bing.Y ACHETER DE LA PUBLICITÉUne régie, chez OpenAILibre-service ouvert en France depuisle 31 août 2026. Affichée aux offresgratuite et Go uniquement.Robot de validation propre : OAI-AdsBot.Les partenaires qu’OpenAI nomme pour sa régie, dans l’ordre où il les publie :Dentsu, Omnicom, Publicis, WPP pour les agences. Adobe, Criteo, Kargo, Pacvue, StackAdapt pour la technologie.Microsoft ne figure dans aucune des deux listes.
Le levier de visibilité est une ligne de robots.txt. Le levier publicitaire est une régie, chez OpenAI. Aucun des deux ne passe par Microsoft. Source : Documentation des robots d'indexation d'OpenAI (2026)

La bibliothèque publicitaire existe, et voici ce qu’elle montre

Bing est désigné très grand moteur de recherche en ligne au sens du règlement européen sur les services numériques depuis le 25 avril 2023. À ce titre, l’article 39 lui impose un registre public de ses publicités. Ce registre existe, et nous l’avons ouvert.

Ce que nous y avons vu, sur deux annonces d’un même annonceur français du bricolage, l’une au format produit et l’autre au format Audience : le nom de l’annonceur, les dates de diffusion, un aperçu de l’annonce, un lien de partage, et une portée estimée par tranche, respectivement « 50 à 100 millions » et « 25 à 50 millions » d’impressions, avec un pourcentage par pays, la France approchant 100 % dans les deux cas.

Et le ciblage y est affiché d’une façon qui mérite d’être décrite précisément. Cinq catégories apparaissent avec une mention « ciblé » ou « exclu » : sexe, âge, lieu, audiences définies par la régie, audiences définies par l’annonceur. Aucune valeur n’est affichée. Vous savez qu’une tranche d’âge a été ciblée, pas laquelle. Une annonce avait les cinq catégories cochées, l’autre seulement le lieu.

Aucun montant de dépense n’y figure. Comme ailleurs, aucune régie grand public ne publie les budgets de ses annonceurs.

Ce qui est utile tout de même : la documentation précise que toutes les annonces diffusées dans l’Union et l’Espace économique européen y figurent, que l’annonceur ne peut pas s’y opposer, concurrents compris, et que le délai de parution est de 24 à 48 heures. Les annonces retirées pour violation des règles en sont exclues, avec une explication. Les extensions n’y figurent pas.

Que des catégories cochées sans valeur satisfassent l’exigence de l’article 39 portant sur les « principaux paramètres » du ciblage est une question juridique que nous ne tranchons pas. Signalons simplement que la Commission a adressé à Microsoft, le 23 septembre 2025, une demande d’informations portant notamment sur les registres publicitaires, aux côtés de trois autres entreprises.

Contenu reel du registre publicitaire europeen de Bing tel que constate a son ouvertureContenu reel du registre publicitaire que Microsoft publie pour le moteur Bing au titre de l article trente neuf du reglement europeen sur les services numeriques, tel que constate par ouverture directe du registre le cinq octobre deux mille vingt six sur deux annonces d un meme annonceur francais du secteur du bricolage, l une au format produit et l autre au format Audience. Bing est soumis a cette obligation en tant que tres grand moteur de recherche en ligne depuis sa designation du vingt cinq avril deux mille vingt trois. Le registre expose le nom de l annonceur, les dates de diffusion, un apercu de l annonce, un lien de partage, et une portee estimee par tranche, en l espece cinquante a cent millions d impressions pour une annonce et vingt cinq a cinquante millions pour l autre, avec un pourcentage par pays, la France approchant cent pour cent dans les deux cas. Le ciblage y est affiche sous une forme particuliere qui merite d etre decrite precisement : cinq categories apparaissent avec une mention ciblee ou exclue, a savoir le sexe, l age, le lieu, les audiences definies par la regie et les audiences definies par l annonceur, mais aucune valeur n est affichee, de sorte que l on sait qu une tranche d age a ete ciblee sans savoir laquelle. Une des deux annonces observees avait les cinq categories cochees, l autre seulement le lieu. Aucun montant de depense ne figure dans ce registre. La documentation precise par ailleurs que toutes les annonces diffusees dans l Union et l Espace economique europeen y figurent, que l annonceur ne peut pas s y opposer, concurrents compris, que le delai de parution est de vingt quatre a quarante huit heures, que les annonces retirees pour violation des regles en sont exclues avec une explication, et que les extensions n y figurent pas. La question de savoir si des categories cochees sans valeur satisfont l exigence de l article trente neuf portant sur les principaux parametres du ciblage est une question juridique qui n est pas tranchee ici, etant observe que la Commission europeenne a adresse a Microsoft le vingt trois septembre deux mille vingt cinq une demande d informations portant notamment sur les registres publicitaires.Ce que nous avons vu dans le registreEXPOSÉNom de l’annonceur, dates, aperçuPortée en tranches« 50 à 100 millions » d’impressionsVentilation par paysEXPOSÉ, MAIS VIDESexe, âge, lieu, audiences :simplement cochés « ciblé » ou « exclu ».Aucune valeur. Vous savez qu’un âgea été ciblé, pas lequel.Et aucun montant de dépense, comme sur les autres registres.Toutes les annonces diffusées dans l’Union y figurent, l’annonceur ne peut pas s’y opposer, concurrents compris.Délai de parution : 24 à 48 heures. Les extensions n’y figurent pas.
Les catégories de ciblage sont cochées, mais aucune valeur n'est donnée. Vous savez qu'un âge a été ciblé, pas lequel. Source : Registre publicitaire Microsoft Advertising, consulté le 5 octobre 2026 (2026)

Ce que l’import depuis Google Ads laisse tomber en route

La fonction d’import est le premier geste de presque tous les comptes. La régie en avertit elle-même : « gardez à l’esprit que toutes les informations ne seront pas importées. Après l’import, vérifiez vos campagnes et réintégrez les informations manquantes. »

Voici ce qui se dégrade, et le premier point est le plus coûteux pour une entreprise de territoire.

Les zones géographiques fines sont élargies. Les villes non prises en charge sont automatiquement étendues à la région ou au département. Un ciblage communal peut donc devenir régional, sans alerte. Deux options permettent de s’en prémunir, « ne pas étendre les cibles géographiques non prises en charge » et « mettre les campagnes en pause lorsque toutes les cibles importées ne sont pas prises en charge ». Elles ne sont pas actives par défaut.

Le modèle d’attribution change en silence. « Si vous utilisez l’attribution basée sur les données dans Google Ads, nous l’importerons en attribution au dernier clic. » Vos chiffres cessent d’être comparables, et rien ne vous le signale. À savoir par ailleurs : le modèle par défaut de cette régie est le dernier clic, sa fenêtre de conversion par défaut est de 30 jours, et sa fenêtre après affichage est d’un jour.

Les stratégies d’enchères basculent. Celles qui ne sont pas prises en charge retombent sur le coût par clic manuel pour les campagnes Audience, et sur le coût par clic optimisé pour toutes les autres.

Les objectifs de conversion sont filtrés. Seuls passent ceux qui sont en ligne, basés sur une balise, de type URL de destination, et créés dans Google Ads. Les conversions hébergées par Google et les objectifs intelligents ne passent pas. Et un objectif portant le même nom qu’un objectif existant côté Microsoft n’est pas importé tant qu’il n’a pas été renommé.

La démographie est amputée. Seuls l’âge et le sexe sont repris, ni le statut parental ni le revenu du foyer.

Les budgets trop bas sont relevés d’office aux minimums de la régie, et une campagne Google qui incluait les partenaires de recherche se retrouve diffusée sur l’ensemble des réseaux de recherche.

Et l’import ne pose pas la balise. Il faut installer la balise de suivi sur le site pour que les objectifs importés reçoivent quoi que ce soit. Une campagne importée peut donc tourner plusieurs semaines sans remonter aucune conversion, non pas parce qu’elle n’en produit pas, mais parce que rien ne les enregistre. Combinez cela avec l’arrêt de mesure provoqué par un défaut de consentement, et vous obtenez la cause la plus fréquente d’un compte Microsoft jugé « sans résultat ».

Elements degrades ou perdus lors de l import d une campagne Google Ads vers Microsoft AdvertisingInventaire des elements qui sont degrades, filtres ou perdus lors de l import d une campagne depuis Google Ads vers Microsoft Advertising, etabli a partir de la page officielle de la regie consacree a cet import, laquelle avertit elle meme que toutes les informations ne seront pas importees et invite a verifier les campagnes apres l operation pour y reintegrer les informations manquantes. Le point le plus couteux pour une entreprise de territoire concerne les zones geographiques : les villes non prises en charge sont automatiquement etendues a la region ou au departement, de sorte qu un ciblage communal peut devenir regional sans alerte, deux options permettant de s en premunir, ne pas etendre les cibles geographiques non prises en charge et mettre les campagnes en pause lorsque toutes les cibles importees ne sont pas prises en charge, aucune des deux n etant active par defaut. Le modele d attribution change ensuite en silence, la documentation indiquant que si l annonceur utilise l attribution basee sur les donnees dans Google Ads, elle sera importee en attribution au dernier clic, ce qui rend les chiffres des deux comptes non comparables sans que rien ne le signale. Les strategies d encheres non prises en charge retombent sur le cout par clic manuel pour les campagnes Audience et sur le cout par clic optimise pour toutes les autres. Les objectifs de conversion sont filtres puisque seuls passent ceux qui sont en ligne, bases sur une balise, de type URL de destination et crees dans Google Ads, les conversions hebergees par Google et les objectifs intelligents ne passant pas, et un objectif portant le meme nom qu un objectif existant cote Microsoft n etant pas importe tant qu il n a pas ete renomme. La demographie est amputee puisque seuls l age et le sexe sont repris, ni le statut parental ni le revenu du foyer. Les budgets trop bas sont releves d office aux minimums de la regie, et une campagne Google qui incluait les partenaires de recherche se retrouve diffusee sur l ensemble des reseaux de recherche. Enfin l import ne pose pas la balise de suivi, la documentation precisant qu il faut installer le tag UET sur le site pour que les objectifs importes recoivent des evenements de conversion, de sorte qu une campagne importee peut tourner plusieurs semaines sans remonter aucune conversion, non parce qu elle n en produit pas mais parce que rien ne les enregistre.Ce que l’import laisse tomber en routeLE PLUS COÛTEUX POUR UNE ENTREPRISE LOCALELes villes non prises en charge sont élargies à la région ou au département. Sans alerte.Attribution par les donnéesdernier clicEnchères non prises en chargeCPC manuelStatut parental, revenu du foyernon reprisObjectifs intelligents Googlenon importésBudgets sous le minimumrelevés d’officePartenaires de recherche cochéstous réseauxEt l’import ne pose pas la balise.Il faut installer le tag UET pour que les objectifs importés reçoivent quoi que ce soit.Une campagne peut donc tourner des semaines sans conversion remontée : rien ne les compte.
Le premier de cette liste est le plus coûteux pour une entreprise de territoire : une commune peut devenir une région. Source : Microsoft Learn, aide Microsoft Advertising (2026)

Les règles françaises qui bloquent

Deux délais d’abord : la plupart des revues d’annonces aboutissent sous 48 heures, et un élément qui reste en attente au-delà de deux jours ouvrés justifie un contact au support. Côté sanctions, la régie applique trois avertissements par catégorie de règle avant suspension du compte, avec suspension immédiate en cas de violation grave, et un délai d’appel de six mois.

Quatre secteurs ont des exigences propres à la France, et elles supposent un agrément avant même de rédiger une annonce.

Les jeux d’argent exigent une licence de l’Autorité nationale des jeux pour les jeux en ligne, la loterie, les casinos et les paris sportifs.

Les cryptoactifs exigent un agrément de prestataire de services sur actifs numériques au titre du règlement européen en la matière, délivré par l’Autorité des marchés financiers, ou un passeport européen.

La pharmacie exige un enregistrement auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament pour vendre ou promouvoir des médicaments sans ordonnance en ligne. La gestation pour autrui et les dons de gamètes sont interdits.

Les services juridiques sont autorisés en France, qui ne figure pas dans la liste des pays où ils sont interdits.

Quelques règles de rédaction valent d’être connues avant de produire des annonces : au moins trois mots dans le titre et dans la description, pas de langage d’urgence du type « stocks limités » ou « offre à ne pas manquer », un seul prix ou pourcentage par annonce, des titres en casse de phrase sur un marché francophone, et une adresse en caractères latins sans accent.

Enfin, la publicité politique est interdite depuis 2019 hors Union européenne, et alignée dans l’Union sur le règlement européen de 2024 en la matière. La publicité dite d’opinion y est également exclue : climat, immigration, fiscalité, droits humains, référendums.

Ce qui ne tient pas

« Le ciblage par entreprise de Microsoft fonctionne en France. » Périmé. La page de disponibilité par marché exclut les consommateurs de l’Espace économique européen et ne liste ni la France ni aucun pays de la zone. Les documentations et articles qui citent la France décrivent un état antérieur.

« Les coûts par clic y sont 30 à 50 % moins chers. » Invérifiable. Microsoft ne publie aucun coût par clic, ni absolu ni comparatif. Les écarts qui circulent viennent de panels d’agences qui se citent entre eux, et le plus souvent attribué remonte à 2017 sur des comptes américains. Le biais est structurel : les annonceurs qui ouvrent un compte Microsoft y vont parce que leur secteur y est moins disputé, donc on mesure une sélection, pas un prix de marché. Nuance sourcée en sens inverse : Microsoft revendique bien un coût par clic plus bas, mais pour comparer son trafic partenaire à son propre inventaire, pas pour se comparer à Google.

« L’audience y est plus âgée et plus aisée. » Le seul chiffre que Microsoft publie encore est « 23 % dépensent davantage en ligne », sourcé mars 2023, États-Unis, ordinateur uniquement. Les déclinaisons qui circulent se contredisent entre elles. Aucune donnée démographique française sur Bing n’existe. Ce qui tient, et qui suffit, c’est l’écart ordinateur contre mobile, qui est mesuré.

« Il y a moins de concurrence. » Plausible, jamais mesuré, et en partie faux dans l’autre sens. L’import depuis Google Ads est natif, promu par la régie et massivement utilisé : sur une requête commerciale ordinaire, vous affrontez largement les mêmes annonceurs, avec les mêmes annonces.

« Microsoft Advertising est un contrôleur d’accès au sens du règlement sur les marchés numériques. » Faux. La Commission a clos l’enquête de marché le 12 février 2024 en ne désignant ni Bing, ni Edge, ni Microsoft Advertising. Le Tribunal de l’Union a confirmé la non-désignation d’Edge le 2 septembre 2026. LinkedIn, lui, est bien désigné, ce qui explique en partie l’exclusion de ciblage décrite plus haut.

« Une procédure européenne est ouverte contre Bing. » Non. La liste officielle de supervision ne mentionne que des demandes d’informations, dont une décision contraignante de mai 2024 sur les risques de l’intelligence artificielle générative dans Bing. Aucune procédure formelle ni amende n’y figure.

« Faire du Microsoft Ads aide à être visible dans ChatGPT. » Faux. Ce qui determine la presence dans ChatGPT est une ligne de votre robots.txt, et sa publicite s’achete chez OpenAI. Developpe plus haut.

« Le mode de consentement est recommandé. » Non, il est obligatoire depuis le 5 mai 2025 dans l’Espace économique européen, au Royaume-Uni et en Suisse, sous peine d’arrêt du suivi des conversions et du reciblage.

Comment nous intervenons

Nous arrivons sur ce sujet dans trois situations : une entreprise à qui l’on a vendu ce canal pour son ciblage par entreprise, une entreprise à qui on l’a vendu avec l’argument ChatGPT, et une entreprise qui a ouvert un compte par import et ne comprend pas ses chiffres.

Nous vérifions d’abord ce que le ciblage atteint réellement. Si l’argument de vente était le ciblage par entreprise et par fonction sur une audience française, il faut le dire tout de suite plutôt qu’au troisième mois.

Nous contrôlons le consentement avant tout le reste. Un défaut arrête le suivi des conversions et l’alimentation du reciblage. C’est la première explication à examiner devant un compte qui ne remonte rien.

Nous vérifions le ciblage géographique des campagnes importées. C’est le premier dégât de l’import, et il est invisible : une commune devenue une région dépense un budget local sur un périmètre qui ne l’est plus.

Nous reconstruisons l’attribution. Le passage silencieux au dernier clic rend les deux comptes incomparables, et c’est sur cette comparaison que la décision se prend.

Nous posons la question de Copilot avant la dépense, pas après. Une part du budget y partira sans mesure. C’est acceptable si c’est su et arbitré.

Et nous traitons la visibilité dans ChatGPT pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un sujet de fichier robots.txt et, si l’entreprise le souhaite, une régie distincte. Pas une raison d’ouvrir un compte Microsoft.

Par où commencer

Si votre argument d’achat était le ciblage par entreprise, vérifiez-le sur un compte réel. La documentation d’octobre 2026 exclut les consommateurs de l’Espace économique européen.

Contrôlez que des signaux de consentement sont bien transmis. Sans eux, la régie a cessé de suivre vos conversions et d’alimenter votre reciblage depuis mai 2025.

Ouvrez le ciblage géographique de vos campagnes importées. Si vous y trouvez une région là où vous aviez mis une ville, l’import l’a élargie.

Vérifiez que la balise de suivi est posée et qu’elle remonte. Sans elle, vos objectifs importés sont vides.

Regardez le modèle d’attribution. S’il était piloté par les données côté Google, il est passé au dernier clic.

Soignez vos mots-clés à exclure. C’est le seul levier de contrôle documenté sur la diffusion dans Copilot.

Et pour ChatGPT, ouvrez votre robots.txt, pas un compte publicitaire. Cherchez-y OAI-SearchBot.

En bref

Le ciblage par entreprise, par secteur et par fonction, qui est l’argument principal de cette régie, exclut les consommateurs de l’Espace économique européen. La France n’est pas dans la liste des 23 marchés couverts.

La diffusion dans Copilot est automatique, non débrayable, et la régie écrit elle-même ne fournir aucune métrique propre dessus.

Depuis le 5 mai 2025, un défaut de transmission des signaux de consentement arrête le suivi des conversions et l’alimentation du reciblage. Ce n’est pas une amende, c’est un arrêt de mesure. Et la vérification d’identité de l’annonceur est imposée en Europe.

Les seuils sont publiés en euros, et ils sont bas : 0,05 euro d’enchère minimale, 5 euros de budget mensuel. En revanche, aucun coût par clic n’est publié, par personne.

Bing pèse environ 5,5 % des recherches en France tous appareils et de l’ordre de 12,6 % sur ordinateur. C’est cet écart qui vaut, pas le 38,1 % affiché par Microsoft, qui date de mars 2023 aux États-Unis.

Le registre publicitaire européen existe et expose une portée en tranches, mais des catégories de ciblage simplement cochées, sans valeur, et aucun montant.

Enfin, l’argument ChatGPT ne tient plus : OpenAI exploite son propre robot d’indexation, et sa régie publicitaire est ouverte en libre-service en France depuis le 31 août 2026, sans Microsoft.