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Vos enchères ont changé le 17 août, pas votre compte
Google a modifié le comportement des stratégies à cible. Les campagnes qui faisaient mieux que leur objectif dérivent vers cet objectif, sans que personne ait rien touché.
Axel Chatellin, Fondateur de MAstratos··24 min de lecture
Le 17 août 2026, Google a modifié le comportement de ses stratégies d’enchères basées sur une cible. Si votre campagne faisait mieux que son objectif, elle a commencé ce jour-là à dériver vers cet objectif, sans que personne ait touché au compte.
Ce n’est pas une interprétation. La page d’aide officielle l’écrit ainsi : « étant donné que le système optimise plus régulièrement les campagnes en fonction de la cible que vous avez saisie, celles qui sont actuellement plus performantes que leurs cibles définies voient désormais leurs performances tendre vers la cible que vous avez définie ».
Le déploiement mondial s’est achevé le 27 août. À la date où vous lisez ces lignes, le nouveau comportement est actif partout depuis plus d’un mois. Cet article explique ce qui a changé, qui est concerné, ce qu’il faut corriger, et fait au passage le point sur les seuils d’enchères qui existent encore et ceux qui n’existent plus.
Ce qui a changé exactement
La documentation décrit l’état antérieur en une phrase : « auparavant, si vous utilisiez une stratégie d’enchères basée sur une cible et que vos campagnes étaient limitées par leur budget, certaines d’entre elles pouvaient dépasser les cibles d’enchères et leurs performances pouvaient fluctuer lorsque vous ajustiez leurs budgets ».
Dépasser la cible, en l’occurrence, voulait dire faire mieux qu’elle. Une campagne réglée sur un coût par acquisition cible de 40 euros pouvait sortir à 22 euros, parce que son budget la contraignait à ne servir que les enchères les plus rentables. C’était une situation confortable, et beaucoup de comptes vivaient dessus sans le savoir.
Ce n’est plus le cas. Les campagnes limitées par le budget qui utilisent une stratégie à cible se rapprochent désormais de la cible saisie, y compris quand le budget bouge.
L’exemple officiel est le plus clair possible : « si le CPA cible de votre campagne est de 10 €, mais que votre CPA réel récent est de 5 €, votre campagne est désormais plus proche d’un CPA réel de 10 € ». Google ajoute : « définissez une cible de 5 € pour maintenir vos performances récentes ».
Autrement dit, la cible que vous aviez saisie n’était pas un objectif, c’était un plafond que vous ne touchiez jamais. Elle est devenue une consigne.
La cible que vous aviez saisie n'était pas un objectif, c'était un plafond que vous ne touchiez jamais. Elle est devenue une consigne. Source : Aide Google Ads (2026)
Qui est concerné, et qui ne l’est pas
Le changement ne touche pas tout le monde, et la distinction est nette.
Sont concernées les campagnes du Réseau de Recherche, Shopping, Performance Max, Demand Gen et voyage, gérées dans Google Ads ou Search Ads 360, quand elles utilisent une stratégie de CPA cible ou de ROAS cible et qu’elles sont limitées par leur budget.
Ne sont pas concernées les campagnes qui n’étaient pas limitées par leur budget, celles qui utilisent le CPC manuel ou le taux d’impressions cible, les campagnes pour applications, les campagnes vidéo axées sur la couverture et celles de vues de vidéo. Les campagnes d’hôtel et Display, elles, fonctionnaient déjà ainsi.
Un effet supplémentaire sur les campagnes multicanaux. Google indique que sur Performance Max et Demand Gen, la répartition des dépenses entre canaux peut avoir changé par rapport à l’état antérieur. Si vous avez constaté une bascule de budget vers un canal depuis la fin août, c’est une piste. Notre article sur Performance Max explique comment lire cette répartition, ce qui est devenu possible depuis 2025.
Le point qui coûte le plus cher. Google n’ajuste automatiquement ni les cibles ni les budgets. La correction est entièrement à la charge de l’annonceur, et un compte laissé tel quel depuis le mois d’août a simplement vu ses coûts monter vers la cible qu’il avait saisie sans y penser, souvent des mois plus tôt.
Trois conditions cumulatives. Si l'une manque, le changement ne vous touche pas. Source : Aide Google Ads (2026)
Les seuils qui existent, et ceux qui n’existent plus
C’est le point sur lequel la documentation a le plus bougé, et où les contenus en circulation sont le plus souvent faux.
Le CPA cible n’a plus de seuil d’éligibilité. La page officielle est explicite : « les annonceurs peuvent commencer à utiliser le CPA cible sans aucun historique de conversions, et le CPA cible est efficace pour les campagnes de toutes tailles ».
Le chiffre de 30 conversions que l’on trouve sur cette même page ne porte pas sur l’activation mais sur la mesure : « pour l’évaluation, nous recommandons de mesurer les performances sur les 30 derniers jours, en incluant au moins 30 conversions ». Confondre un seuil d’activation et un minimum d’évaluation est l’erreur la plus répandue sur le sujet, et elle conduit des annonceurs à s’interdire une stratégie qui leur est ouverte.
Le ROAS cible, lui, conserve des seuils publiés et différenciés. La documentation les liste par type de campagne : au moins 15 conversions sur les 30 derniers jours pour le Réseau de Recherche et Shopping ; 15 conversions assorties de valeurs valides pour le Display, les nouvelles campagnes en étant dispensées ; 10 conversions par jour, ou 300 sur 30 jours, pour les campagnes d’applications ; 50 conversions sur 35 jours dont 10 sur les 7 derniers pour Demand Gen ; 30 conversions sur 30 jours pour les campagnes vidéo pour l’action.
Une absence remarquable : Performance Max ne figure pas dans cette liste. Aucun seuil de ROAS cible n’y est publié. C’est un trou dans la documentation, pas l’absence d’une contrainte, et il vaut mieux le savoir que le deviner.
Et une condition préalable qu’on oublie : le ROAS cible suppose d’avoir défini des valeurs de conversion, et Google recommande d’avoir enregistré au moins deux valeurs différentes avant de basculer. Une entreprise qui compte toutes ses demandes de contact pour la même valeur n’a pas de quoi alimenter cette stratégie. Notre article sur le coût par acquisition revient sur ce que le choix d’une cible engage réellement.
Le CPA cible n'a plus de seuil. Les 30 conversions qu'on cite partout portent sur l'évaluation, pas sur l'activation. Source : Aide Google Ads (2026)
La période d’apprentissage ne se compte pas en jours
Toute discussion sur les enchères automatiques bute sur cette notion, et presque tous les contenus francophones l’expriment en semaines. Ce n’est pas ainsi que Google la définit.
La documentation officielle l’exprime en cycles de conversion : « il peut falloir quelques cycles de conversion, un à deux généralement, pour que la stratégie d’enchères se calibre sur le nouvel objectif, bien que cela puisse être plus rapide selon le volume de données de conversion disponibles ».
La conséquence est directe pour une entreprise à cycle long. Si vos affaires se signent en trois mois, un à deux cycles de conversion ne font pas deux semaines, ils font trois à six mois. Un prestataire qui annonce une stabilisation sous quinze jours applique une règle valable pour un site marchand à une activité qui n’en est pas un.
Ce qui redéclenche l’apprentissage mérite aussi d’être connu, parce qu’on le provoque sans le vouloir : créer ou réactiver une stratégie, modifier un de ses paramètres, ajouter ou retirer des campagnes, des groupes d’annonces ou des mots clés dans une stratégie de portefeuille, et, dans les campagnes Shopping, modifier une cible au niveau du groupe d’annonces.
Deux précisions utiles. Les algorithmes continuent d’apprendre même quand l’état n’affiche plus « apprentissage ». Et la période d’apprentissage ne s’applique pas au CPC manuel.
Sur un cycle de vente de trois mois, un à deux cycles de conversion ne font pas deux semaines. Source : Aide Google Ads (2026)
Une page qui recommande encore ce qui n’existe plus
Voici un cas concret qui vaut mieux qu’un long développement sur la fiabilité des sources.
Le CPC optimisé, que la documentation française appelle « CPC optimisé » et non « CPC amélioré », n’est plus disponible pour les campagnes du Réseau de Recherche et Display. La page qui lui est consacrée le dit en tête : « depuis la semaine du 24 mars 2025, le CPC optimisé n’est plus disponible pour les campagnes sur le Réseau de Recherche et display. Les campagnes qui n’ont pas été migrées de façon proactive vers une autre stratégie d’enchères avant que le CPC optimisé soit abandonné utilisent désormais le CPC manuel ».
Et pourtant, la page d’aide intitulée « adopter une stratégie d’enchères en fonction de vos objectifs » continue, dix-huit mois plus tard, de le proposer comme option, sans aucun avertissement : « CPC optimisé : si vous souhaitez ajuster automatiquement vos enchères manuelles pour essayer de maximiser les conversions, utilisez l’eCPC ».
Deux pages officielles du même éditeur, sur le même sujet, disent l’inverse. Ce n’est pas une anecdote : c’est la raison pour laquelle un compte ne se pilote ni sur des souvenirs, ni sur la première page trouvée dans un moteur de recherche, ni sur un article d’agence qui n’a pas été relu depuis deux ans.
Retenez au passage le mécanisme de la bascule : les comptes qui n’ont rien fait à temps se sont retrouvés en CPC manuel, c’est-à-dire dans la configuration la moins adaptée à un compte habitué à l’automatique. Si vous n’avez pas regardé votre compte depuis le printemps 2025, c’est une vérification à faire.
Dix-huit mois après le retrait, une page d'aide continue de le recommander. C'est pourquoi un compte ne se pilote pas sur la première page trouvée. Source : Aide Google Ads (2026)
Comment nous intervenons
Sur ce sujet, notre travail consiste d’abord à établir si un mouvement de coûts vient du marché, du compte, ou d’un changement de règle chez la régie. Les trois se ressemblent dans un tableau de bord.
Nous comparons avant et après le 17 août. C’est une lecture de quinze minutes, sur les campagnes à cible limitées par leur budget. Si le coût par acquisition a monté vers la cible sans qu’aucune modification n’ait été faite, la cause est identifiée et la correction est immédiate.
Nous recalons les cibles sur la performance constatée, pas sur l’ambition. Une cible saisie il y a huit mois « pour voir » est devenue une consigne exécutée. Le bon réglage est la performance réellement obtenue sur la période récente, ajustée ensuite par paliers.
Nous vérifions que la stratégie est celle que le compte peut nourrir. Un ROAS cible sans valeurs de conversion différenciées, ou sur un volume trop faible, produit une instabilité qu’on attribue ensuite à l’algorithme. La question préalable est celle du volume et de la qualité du signal, pas celle du réglage.
Nous chiffrons la durée réelle d’un apprentissage. Elle dépend de votre cycle de conversion, pas d’une règle générale. C’est ce qui détermine à partir de quand une modification peut être jugée, et c’est la source d’erreur la plus fréquente : juger un changement trop tôt, puis le défaire, ce qui redéclenche l’apprentissage.
Par où commencer
Listez vos campagnes limitées par leur budget qui utilisent une cible. Ce sont les seules concernées. Si vous n’en avez aucune, le changement d’août ne vous touche pas.
Comparez leur coût par acquisition réel avant et après le 17 août. S’il a monté vers la cible sans intervention de votre part, vous avez votre explication.
Redescendez la cible au niveau réellement obtenu avant le changement. C’est la correction que Google indique lui-même, et il ne la fait pas à votre place.
Vérifiez que vous n’êtes pas passé en CPC manuel sans le savoir. Les comptes qui utilisaient le CPC optimisé et n’ont pas migré avant mars 2025 y ont basculé automatiquement.
Vous importez ces campagnes vers Microsoft. Les stratégies non prises en charge y retombent sur le coût par clic manuel ou optimisé : Microsoft Advertising.
En bref
Depuis le 17 août 2026, les campagnes limitées par leur budget et pilotées par une cible se rapprochent de cette cible au lieu de pouvoir faire mieux qu’elle. Le déploiement s’est achevé le 27 août.
La correction est à votre charge : Google n’ajuste ni les cibles ni les budgets. Une campagne réglée à 10 euros mais sortant à 5 tend désormais vers 10, et il faut redescendre la cible à 5 pour conserver le résultat.
Le CPA cible n’a plus de seuil d’éligibilité : il s’utilise sans aucun historique de conversions. Le chiffre de 30 conversions porte sur l’évaluation, pas sur l’activation.
Le ROAS cible conserve des seuils publiés par type de campagne, de 15 conversions sur 30 jours pour la recherche et Shopping à 50 sur 35 jours pour Demand Gen. Performance Max n’y figure pas.
La période d’apprentissage se compte en cycles de conversion, un à deux généralement, et non en semaines. Sur un cycle de vente long, cela change tout.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui a changé le 17 août 2026 dans Google Ads ?
Le comportement des stratégies d'enchères basées sur une cible pour les campagnes limitées par leur budget. Auparavant, ces campagnes pouvaient dépasser leur cible et leurs performances fluctuaient quand le budget bougeait. Désormais, elles se rapprochent de la cible saisie. Conséquence directe : une campagne qui faisait mieux que son objectif voit ses performances tendre vers cet objectif, sans que personne ait touché au compte.
Que faut-il faire après ce changement ?
Redescendre la cible au niveau de la performance réellement constatée. Google donne l'exemple : si votre coût par action cible est de 10 € mais que votre coût réel récent est de 5 €, votre campagne tend désormais vers 10 €, et il faut fixer la cible à 5 € pour conserver vos performances. Google précise n'ajuster automatiquement ni les cibles ni les budgets : c'est à vous de le faire.
Quel est le seuil de conversions pour utiliser le CPA cible ?
Il n'y en a plus. La documentation officielle indique que les annonceurs peuvent commencer à utiliser le CPA cible sans aucun historique de conversions, et que la stratégie convient aux campagnes de toutes tailles. Le chiffre de 30 conversions qui figure sur la même page porte sur la période d'évaluation des performances, pas sur l'activation. Confondre les deux est l'erreur la plus répandue.
Et pour le ROAS cible ?
Là les seuils existent toujours et sont publiés par type de campagne : au moins 15 conversions sur les 30 derniers jours pour le Réseau de Recherche et Shopping, 15 avec des valeurs valides pour le Display (les nouvelles campagnes Display en sont dispensées), 10 par jour ou 300 sur 30 jours pour les applications, 50 sur 35 jours dont 10 sur les 7 derniers pour Demand Gen, et 30 sur 30 jours pour les campagnes vidéo pour l'action.
Combien de temps dure la période d'apprentissage ?
Google ne l'exprime pas en jours mais en cycles de conversion : la documentation indique qu'il faut généralement un à deux cycles de conversion pour que la stratégie se calibre sur un nouvel objectif, le processus pouvant être plus rapide selon le volume de données. Si un prestataire vous annonce « deux semaines », ce n'est pas la définition officielle, c'est une approximation qui ignore la durée de votre propre cycle de vente.
Le CPC optimisé existe-t-il encore ?
Non pour les campagnes du Réseau de Recherche et Display, retiré depuis la semaine du 24 mars 2025. Les campagnes non migrées à temps ont basculé en CPC manuel. Point instructif : une autre page d'aide de Google continue, dix-huit mois plus tard, à le présenter comme une option à utiliser, sans aucun avertissement. C'est une bonne raison de ne jamais piloter un compte sur une page trouvée au hasard.
Un article traite un cas général et s'arrête là. Un diagnostic part de vos pages, de vos chiffres et de vos contraintes, et dit ce qui bloque en premier. Nous concevons des marques, des sites et des dispositifs d'acquisition pour des entreprises B2B, et la conversation commence toujours par ce constat.