Classez vos canaux par ce qu’ils vous coûtent en temps, pas par ce qu’ils promettent de rapporter. Un canal qui réclame trois heures par semaine n’existe pas pour quelqu’un qui pose des dalles toute la journée, quel que soit son rendement théorique. Quand l’entreprise, c’est vous, la contrainte dominante n’est pas l’argent.

Cet article s’adresse aux entreprises qui réalisent leur prestation chez le particulier : paysage, aide à domicile, ménage, artisanat du bâtiment, dépannage. Dans le paysage, 61,5 % des entreprises n’ont aucun salarié, selon l’Unep (2025), enquête menée par l’institut Xerfi auprès de 1 084 entreprises.

Un avertissement dès l’entrée, parce qu’il commande tout le reste. Sur les dix canaux passés en revue ici, trois seulement disposent d’une preuve publiée, et aucun de ces trois travaux ne porte sur un métier de service à domicile. Nous le disons canal par canal, au lieu d’inventer des rendements. MAstratos est un cabinet de croissance qui travaille la marque, le site et l’acquisition ensemble ; nous ne vendons pas de référencement naturel, et ce qui suit est une lecture de sources publiques.

Pourquoi classer les canaux par ce qu’ils exigent plutôt que par ce qu’ils promettent ?

Parce que l’exigence est vérifiable et que la promesse ne l’est pas. Le temps qu’un canal réclame chaque semaine, le budget qu’il consomme et la compétence qu’il suppose sont des faits observables. Le rendement, lui, n’est presque jamais mesuré sur des entreprises de votre taille.

Aucune enquête publique indépendante ne mesure le temps dont dispose un dirigeant de très petite entreprise. Ce qui existe mesure autre chose et se cite avec ses réserves. Le Syndicat des Indépendants et des TPE (2024) rapporte que 47 % des indépendants et dirigeants de TPE gagnent moins d’un SMIC mensuel pour un temps de travail hebdomadaire moyen supérieur à 50 heures, sur 1 472 répondants interrogés du 28 décembre 2023 au 10 janvier 2024 : enquête d’un syndicat auprès de ses contacts, sans redressement publié. La CPME (2024) rapporte que 28 % des dirigeants consacrent au moins deux jours par semaine aux formalités administratives, sur 1 612 répondants, dans un contexte de plaidoyer pour la simplification et sans note méthodologique publique.

Les durées hebdomadaires précises qui circulent sur les blogs d’éditeurs de logiciels ne remontent, elles, à aucune source consultable.

Le canal réputé gratuit est le premier abandonné

C’est la meilleure donnée française récente sur ce sujet, et elle est massive. Parmi les entreprises françaises présentes sur les réseaux sociaux, la part qui les utilise au moins une fois par semaine pour promouvoir l’entreprise est passée de 61 % en 2023 à 55 % en 2024, puis 46 % en 2025, selon le Baromètre France Num 2025 de la Direction générale des Entreprises, réalisé par le CRÉDOC (2025).

La méthode est solide et mérite d’être écrite. L’enquête compte 11 021 entreprises répondantes, dont 1 027 de zéro salarié, recueillies du 26 mars au 18 avril 2025, avec redressement sur la taille, le secteur et la région, et une marge d’erreur annoncée inférieure à 1 % au seuil de 95 %. La question sur la fréquence de publication porte sur 7 373 répondants, les entreprises effectivement présentes sur les réseaux sociaux.

Trois détails de la même page rendent le résultat plus net encore. Le bâtiment et la construction descendent à 27 %. Les entreprises de zéro salarié sont à 43 %. Et 11 % des répondants déclarent avoir créé un compte pour leur activité et ne l’utiliser jamais.

Recul de la publication hebdomadaire sur les réseaux sociaux, 2023 à 2025Courbe descendante sur trois points. Le titre du schéma indique : le compte existe, il n’est plus alimenté. Le sous-titre précise qu’il s’agit de la part des entreprises présentes sur les réseaux sociaux qui y publient au moins une fois par semaine. En 2023, la valeur est de 61 pour cent. En 2024, elle descend à 55 pour cent. En 2025, elle descend à 46 pour cent. Un encadré situé à droite est intitulé : dans le détail 2025. Il indique trois valeurs. Bâtiment et construction, 27 pour cent. Entreprises sans aucun salarié, 43 pour cent. Compte créé mais jamais utilisé, 11 pour cent. Deux notes figurent en bas du schéma. La première indique que la source est le Baromètre France Num 2025 de la DGE et du CRÉDOC, pages 34 et 35, sur une base de 7 373 entreprises présentes sur les réseaux sociaux. La seconde indique que le recueil s’est déroulé du 26 mars au 18 avril 2025 auprès de 11 021 entreprises, avec une marge d’erreur annoncée inférieure à 1 pour cent.Le compte existe, il n’est plus alimentéPart des entreprises présentes sur les réseaux sociaux qui y publient au moins une fois par semaine.61 %55 %46 %202320242025Dans le détail 2025Bâtiment et construction : 27 %Entreprises sans salarié : 43 %Compte jamais utilisé : 11 %Baromètre France Num 2025, DGE et CRÉDOC, pages 34 et 35. Base 7 373 entreprises présentes sur les réseaux.Recueil du 26 mars au 18 avril 2025 auprès de 11 021 entreprises, marge d’erreur annoncée inférieure à 1 %.
Ce graphique ne dit pas que les réseaux sociaux ne servent à rien. Il dit qu'un canal qui réclame du temps chaque semaine est le premier abandonné. Source : Baromètre France Num 2025, DGE et CRÉDOC (2025)

Le même rapport mesure ce que les entreprises possèdent, et l’écart avec ce qu’elles en font est le sujet de cet article. Sur les 11 021 répondants, 84 % disposent d’au moins une solution de visibilité en ligne. Le compte sur les réseaux sociaux gratuits atteint 66 % et dépasse pour la première fois le site internet, à 65 %. L’inscription gratuite à un annuaire concerne 50 % des entreprises, l’inscription payante ou le référencement payant seulement 19 %.

Retenez ce dernier chiffre. Moins d’une entreprise sur cinq paie pour être visible : la publicité payante n’est pas le canal dominant de ce tissu, elle y est minoritaire.

Ce que les entreprises possèdent et ce qu’elles en fontDiagramme en barres horizontales à quatre lignes. Le titre du schéma indique : posséder un canal n’est pas s’en servir. Le sous-titre précise qu’il s’agit des solutions de visibilité en ligne des entreprises françaises, sur une base de 11 021 répondants. Une légende distingue deux séries : la série foncée, possède le canal, et la série claire, l’utilise au moins une fois par semaine. Première ligne, compte sur les réseaux sociaux gratuits : 66 pour cent des entreprises en possèdent un, et 30 pour cent de l’ensemble des entreprises y publient au moins une fois par semaine. Deuxième ligne, site internet présentant l’activité : 65 pour cent des entreprises en possèdent un, et l’usage n’est pas mesuré par l’enquête. Troisième ligne, inscription gratuite à un annuaire : 50 pour cent, usage non mesuré. Quatrième ligne, inscription payante à un annuaire ou référencement payant : 19 pour cent, usage non mesuré. Deux notes figurent en bas. La première indique que la source est le Baromètre France Num 2025 de la DGE et du CRÉDOC, pages 31, 34 et 35. La seconde rappelle que le compte de réseau social dépasse pour la première fois le site internet.Posséder un canal n’est pas s’en servirSolutions de visibilité en ligne des entreprises françaises, base 11 021 répondants.Possède le canalL’utilise au moins une fois par semaineCompte sur les réseaux sociaux66 %30 %Site internet de l’activité65 %Usage non mesuré par l’enquêteAnnuaire gratuit50 %Usage non mesuré par l’enquêteAnnuaire ou référencement payant19 %Usage non mesuré par l’enquêteBaromètre France Num 2025, DGE et CRÉDOC, pages 31, 34 et 35.Le compte de réseau social dépasse pour la première fois le site internet, 66 % contre 65 %.
L'écart entre la colonne « possède » et la colonne « utilise » est le sujet de cet article. Pour trois canaux sur quatre, l'enquête ne mesure aucun usage. Source : Baromètre France Num 2025, DGE et CRÉDOC (2025)

Une précision s’impose sur un troisième chiffre du rapport, la part de clients venant d’internet. Le document écrit 44 % page 28, sous le graphique et avec sa base, et 51 % page 15, dans son résumé. Nous retenons donc celle que porte le graphique : 44 % des entreprises déclarent qu’au moins 5 % de leurs clients proviennent d’internet, contre 52 % en 2024, et 57 % dans les services à la personne.

Une limite de cette source joue en faveur de son enseignement principal : le recueil s’est fait majoritairement en ligne, 10 219 réponses sur 11 021, ce qui attire probablement les entreprises les plus à l’aise avec le numérique. Les taux d’abandon n’en sont que plus frappants.

Combien de temps, combien d’argent, et qu’est-ce qui est mesuré ?

Voici les dix canaux, du moins exigeant au plus exigeant. La dernière colonne est la plus importante : elle dit si quelqu’un a déjà mesuré que ça marche.

Le canalCe que ça vous prendCe que ça coûteEst-ce prouvé ?
Votre nom sur le camion, un panneau de chantierRien, une fois poséUne dépense en une foisNon
Demander un avis à chaque clientQuelques minutes par chantierRienOui, mais dans d’autres métiers
Les annuaires payantsPeuUn abonnementNon
Proposer une prime de parrainageUne mise en place, puis peuLa prime, quand ça marcheOui, mais dans d’autres métiers
Rappeler vos anciens clientsPeu, mais à refaire régulièrementRien ou presqueEn partie
Le devis que vous laissez au clientLe temps de la visite et de la rédactionRienNon
Les annonces Google réservées aux prestataires locauxUn dossier à monter, puis peuÀ chaque contact reçuNon
Les partenariats avec d’autres professionnelsDu temps, en heures ouvréesRien ou presqueNon
La publicité en ligne classiqueDu suivi, en continuTant que vous payezPas à votre taille
Tenir vos réseaux sociauxBeaucoup, toutes les semainesRienNon

Une précision, et elle vaut pour tous les tableaux que vous lirez ailleurs. Seule la dernière colonne rapporte un fait vérifiable : quelqu’un a mesuré, ou personne ne l’a fait. Les deux autres sont notre appréciation, et rien ne les mesure. Un tableau qui ne distingue pas ses faits de ses jugements fait prendre les seconds pour les premiers.

Sur dix canaux, trois seulement disposent d’une preuve causale publiée : les avis sollicités, le parrainage incitatif et la publicité chez les grands annonceurs. Les sept autres reposent sur du raisonnement, sur des chiffres de vendeurs, ou sur rien.

Ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est le contenu le plus utile de cet article. Un dirigeant qui s’entend dire « personne ne sait ce que cela rapporte, mais cela coûte presque rien et cela se voit tous les jours » décide mieux qu’avec un rendement inventé.

Pourquoi vous ne pourrez pas mesurer votre publicité vous-même

Parce que la taille de votre échantillon ne le permet pas. C’est une contrainte statistique, et elle est publiée dans une des grandes revues d’économie.

Sur vingt-cinq grandes expériences contrôlées menées avec de grands distributeurs et courtiers américains, la plupart touchant des millions de clients et représentant ensemble 2,8 millions de dollars de dépense publicitaire numérique, l’intervalle de confiance médian sur le retour sur investissement dépasse cent points de pourcentage de largeur. Les auteurs estiment qu’une expérience publicitaire informative peut aisément exiger plus de dix millions de personnes-semaines, ce qui rend l’expérimentation coûteuse et potentiellement irréalisable pour beaucoup d’entreprises. C’est le résultat de Randall A. Lewis et Justin M. Rao dans The Quarterly Journal of Economics (2015).

La cause mécanique est simple. Le coefficient de variation des ventes individuelles rapporté au coût publicitaire par tête est couramment de dix : le bruit des ventes écrase le signal de la publicité.

Si des annonceurs qui touchent des millions de personnes n’arrivent pas à borner leur retour à moins de cent points près, une entreprise de trois personnes sur une zone de vingt kilomètres ne mesure pas son rendement publicitaire. Elle observe des contacts, ce qui n’est pas la même chose.

Un second résultat va dans le même sens. Une expérience de terrain menée chez eBay conclut que les annonces de recherche payante sur les mots-clés de marque n’ont pas de bénéfice mesurable à court terme, et que les retours moyens hors marque sont négatifs parce que les utilisateurs fréquents, dont le comportement d’achat n’est pas modifié, absorbent l’essentiel de la dépense, selon Thomas Blake, Chris Nosko et Steven Tadelis dans Econometrica (2015). Le mécanisme se transfère : quelqu’un qui vous cherchait déjà et qui clique sur votre annonce est compté comme un gain publicitaire.

Les limites sont réelles et ne changent pas la conclusion. Ces travaux sont américains, datent de 2015, et portent sur de grands annonceurs, ce qui n’a rien à voir avec un devis de paysagiste après visite. Surtout, le résultat porte sur la mesurabilité, pas sur l’efficacité : il ne dit pas que la publicité ne marche pas, il dit qu’à votre échelle vous ne pouvez pas le savoir.

C’est inconfortable à écrire pour un cabinet qui fait de l’acquisition, et c’est ce qui vous évite d’acheter un tableau de bord que personne ne sait lire. L’arbitrage général entre canal loué et canal construit est traité dans notre article sur la publicité payante et l’acquisition organique.

Les deux gestes qui exigent le moins, et qui sont pourtant mesurés

Demander son avis à chaque client, et organiser le parrainage. Ce sont les deux seuls canaux de cette liste dont l’exigence est faible et la preuve solide.

Des clients vérifiés sollicités par courriel pour rédiger un avis déposent en moyenne jusqu’à une demi-étoile de plus que ceux qui rédigent spontanément, et leurs notes restent stables dans le temps alors que les avis spontanés suivent une pente descendante, selon Georgios Askalidis, Su Jung Kim et Edward C. Malthouse dans Decision Support Systems (2017), à partir des avis de quatre grands distributeurs en ligne.

Le résultat vraiment utile est ailleurs. Une confirmation publiée par Hülya Karaman dans Management Science (2020) dispose des notes de satisfaction privées des clients, qu’ils aient ou non publié un avis, et montre que la sollicitation augmente surtout la participation de ceux qui ont vécu une expérience moyenne. Demander son avis à chaque client ne sert donc pas seulement à en avoir davantage : cela donne un ensemble moins extrême et plus représentatif. Les données portent sur l’hôtellerie, l’ampleur ne se transpose pas.

Sur le parrainage, la recette qui circule dit « mettez une prime, et plus elle est grosse mieux c’est ». La seule expérience de terrain sérieuse trouvée dit l’inverse. Des primes plus élevées permettent d’acquérir davantage de nouveaux clients, mais réduisent considérablement leur rentabilité, selon Heike M. Wolters, Christian Schulze et Karen Gedenk dans Marketing Science (2020), sur plus de 160 000 clients d’une banque, avec une généralisation testée sur environ 270 000 clients d’un opérateur de télécommunications.

Un travail antérieur complète le tableau : sur environ 10 000 clients d’une banque de détail allemande, les clients acquis par recommandation ont une valeur supérieure d’au moins 16 % à celle de clients comparables, selon Philipp Schmitt, Bernd Skiera et Christophe Van den Bulte dans le Journal of Marketing (2011). Les deux ensemble disent une chose nuancée : le client parrainé vaut plus, mais la prime qui le fait venir dégrade ce qu’il vaut.

Ces quatre travaux partagent une limite. Banque, assurance, télécommunications, hôtellerie, distribution en ligne : partout des services contractuels ou récurrents, jamais un métier vendu au chantier, sur devis, après visite.

D’où viennent les chiffres que le secteur vous ressert ?

De très peu de gens, souvent très longtemps auparavant. Voici quatre affirmations parmi les plus répétées à votre métier, remontées à leur source.

Ce qu’on lit partout. Un utilitaire marqué génère seize millions d’impressions par an.

Ce que dit la donnée. Le chiffre remonte à une seule publication : Richard A. Staley, The Visual Impact of Trucks in Traffic, publiée en 1977 par le département économique de l’American Trucking Associations, le syndicat des transporteurs routiers américains, document de 31 pages dont la notice figure dans la base TRID du Transportation Research Board. L’étude compte combien de personnes voient les camions en circulation, sur des poids lourds parcourant de 49 000 à 77 700 miles par an.

Trois choses condamnent l’usage commercial de ce chiffre. Il a quarante-neuf ans. Il a été publié par la partie intéressée. Et il compte des regards, pas des ventes. Les reprises se contredisent d’ailleurs, avec cinq, dix, quatorze ou seize millions selon les pages, un prestataire d’études citant la même source pour cinq millions. Un chiffre qui varie du simple au triple selon qui le recopie n’est plus une donnée.

Du rapport de 1977 aux chiffres vendus aujourd’huiSchéma en deux cartes reliées par une flèche allant de la gauche vers la droite. Le titre du schéma indique : une seule étude, quatre chiffres en circulation. Le sous-titre précise qu’il s’agit de l’origine du rendement attribué à un véhicule marqué. La carte de gauche est intitulée 1977, la publication d’origine. Elle indique que l’auteur est Richard A. Staley, que le titre est The Visual Impact of Trucks in Traffic, que le document compte 31 pages, qu’il a été publié par l’American Trucking Associations, département économique, qu’il compte des regards et non des ventes, et qu’il porte sur des poids lourds américains parcourant de 49 000 à 77 700 miles par an. La carte de droite est intitulée 2026, les valeurs en circulation. Elle liste quatre valeurs attribuées à la même source : 5 millions d’impressions par an, 10 millions, 14 millions et 16 millions. Elle précise que ces quatre valeurs proviennent d’une seule et même étude, et qu’aucune ne mesure une vente. Une note en bas indique que la notice bibliographique est consultable dans la base TRID du Transportation Research Board, et que le document original de 1977 n’a pas été lu directement.Une seule étude, quatre chiffres en circulationOrigine du rendement attribué à un véhicule marqué.1977, la publication d’origineRichard A. Staley, The Visual Impactof Trucks in Traffic, 31 pages.American Trucking Associations,département économique.Compte des regards, pas des ventes.Poids lourds parcourant49 000 à 77 700 miles par an.2026, les valeurs en circulation5 millions d’impressions par an10 millions14 millions16 millionsQuatre valeurs pour une seule etmême étude. Aucune ne mesureune vente.Notice bibliographique consultable dans la base TRID du Transportation Research Board.Le document original de 1977 n’a pas été lu directement, seulement sa notice officielle.
Cette étude ne mesure pas de ventes. Elle n'en a jamais mesuré, et les valeurs qui en sont tirées varient du simple au triple. Source : Notice TRID, Transportation Research Board (1977)

Ce qu’on lit partout. Il faut sept contacts avant qu’un prospect achète.

Ce que dit la donnée. Le nombre change à chaque auteur invoqué, et cette traçabilité se reconstitue. Thomas Smith avance environ vingt expositions dans Successful Advertising en 1885. Claude Hopkins reste dans un ordre comparable dans Scientific Advertising en 1923. Herbert E. Krugman avance trois dans le Journal of Advertising Research en 1972, seule publication à comité de lecture de la série. Et le sept apparaît en 1989 chez Jeffrey Lant, consultant qui vend des conseils marketing, dans Cash Copy.

Aucune de ces valeurs ne mesure des services à domicile, et la seule issue d’une revue scientifique est trois, sur la publicité télévisée. L’origine hollywoodienne des années 1930, sept regards sur une affiche avant d’acheter un billet, ne renvoie à aucun document consultable.

Le nombre de contacts avant achat selon les auteurs invoquésFrise chronologique à quatre repères alignés sur une ligne horizontale. Le titre du schéma indique : quatre auteurs, quatre nombres. Le sous-titre précise qu’il s’agit du nombre de contacts avancé avant achat, selon l’autorité invoquée. Premier repère, année 1885, nombre avancé environ vingt, auteur Thomas Smith, ouvrage Successful Advertising, qualifié d’ouvrage commercial. Deuxième repère, année 1923, nombre d’un ordre comparable, auteur Claude Hopkins, ouvrage Scientific Advertising, qualifié d’ouvrage commercial. Troisième repère, année 1972, nombre avancé trois, auteur Herbert E. Krugman, publication Journal of Advertising Research, qualifiée de revue à comité de lecture. Quatrième repère, année 1989, nombre avancé sept, auteur Jeffrey Lant, ouvrage Cash Copy, qualifié de livre d’un consultant. Une note indique que la seule valeur issue d’une revue scientifique est trois, et qu’elle porte sur la publicité télévisée de grande consommation. Une seconde note indique que la traçabilité a été reconstituée et qu’aucune de ces valeurs ne porte sur des services à domicile.Quatre auteurs, quatre nombresNombre de contacts avancé avant achat, selon l’autorité invoquée.1885environ 20Thomas SmithSuccessful Advertisingouvrage commercial1923ordre comparableClaude HopkinsScientific Advertisingouvrage commercial19723Herbert E. KrugmanJournal of Advertising Researchrevue à comité de lecture19897Jeffrey LantCash Copylivre d’un consultantLa seule valeur issue d’une revue scientifique est trois, sur la publicité télévisée de grande consommation.Traçabilité reconstituée. Aucune de ces valeurs ne porte sur des services à domicile.
La seule valeur issue d'une revue à comité de lecture est trois, et elle porte sur la publicité télévisée de grande consommation. Source : Traçabilité des attributions successives

Ce qu’on lit partout. Fidéliser un client coûte cinq fois moins cher que d’en acquérir un.

Ce que dit la donnée. Aucune étude primaire n’établit ce rapport de un à cinq. Le document auquel la phrase est attribuée dit autre chose : Frederick F. Reichheld et W. Earl Sasser Jr. montrent dans la Harvard Business Review (1990) que réduire le taux de défection de cinq points génère 85 % de profits supplémentaires dans le réseau d’agences d’une banque, 50 % chez un courtier en assurance et 30 % dans une chaîne d’entretien automobile. Ce sont des effets sur le profit, pas une comparaison de coûts.

Deux précisions interdisent l’usage courant. Ce sont des cas d’entreprises américaines de la fin des années 1980, sans taille d’échantillon ni groupe de contrôle publiés. Et les auteurs sont liés à un cabinet qui a bâti sur cet article une pratique de conseil en fidélisation, ce qui ne l’invalide pas mais se cite.

Un point vous concerne directement. Là où la prestation est ponctuelle, une terrasse, un remplacement de chaudière, un dépannage de serrure, il n’y a pas de client à retenir au sens de l’abonnement. Le raisonnement vaut pour l’entretien récurrent et le contrat, pas pour le chantier.

Ce qu’on lit partout. Un client venu par recommandation coûte zéro.

Ce que dit la donnée. Aucune source primaire ne mesure le coût d’acquisition d’un client venu par recommandation dans les services à domicile, ni en France ni ailleurs. Ce qui est mesuré dit plutôt l’inverse : les travaux de Wolters, Schulze et Gedenk chiffrent le coût d’une prime de parrainage et son effet dégradant sur la rentabilité, et ceux de Schmitt, Skiera et Van den Bulte portent sur un programme incitatif, donc payant.

La recommandation n’a pas de coût média, c’est vrai. Elle a un coût en qualité de prestation et, quand elle est organisée, en prime ou en temps. La formule « coûte zéro » confond l’absence de facture publicitaire avec l’absence de coût.

Le produit publicitaire de Google réservé aux prestataires locaux existe en France

Et sa vraie barrière n’est pas une compétence marketing, c’est un dossier administratif. Les Local Services Ads sont disponibles en France : la documentation française de Google liste l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Canada, l’Espagne, les États-Unis, la France, l’Irlande, l’Italie, le Royaume-Uni et la Suisse.

Deux caractéristiques distinguent ce produit du reste de la publicité en ligne. La facturation se fait au contact et non au clic. Et vous ne rédigez pas d’annonce, ce qui retire du canal la compétence de rédaction publicitaire. La page liste une trentaine de catégories éligibles en France, dont les électriciens, les plombiers, les couvreurs, l’aménagement paysager et les entreprises de nettoyage.

En échange, les conditions de sélection sont administratives et sérieuses : vérifications d’antécédents de l’entité et des dirigeants, vérification de licence au niveau national, attestations d’assurance dont le type et les montants varient selon la catégorie et la région, validation pouvant inclure un entretien vidéo, suivi continu des notes et avis, et dans certains pays de la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique, la preuve de la propriété de sa fiche d’établissement Google.

C’est le seul canal payant de cette liste dont le prérequis principal soit un dossier et non une compétence. Ce que Google ne publie pas, nous ne le chiffrons pas : aucun prix de contact, aucun montant de garantie pour la France, aucune promesse de volume, aucun taux d’adoption.

Un détail géographique oblige à un double travail. Le ciblage géographique de Google Ads autorise un rayon autour d’un point, avec un minimum d’un kilomètre, tandis que la fiche d’établissement impose des zones desservies par villes ou codes postaux, jamais par rayon. Ces règles de fiche sont détaillées dans notre article sur le choix entre publicité et organique en services à domicile, qui traite aussi des plateformes de mise en relation et de ce que la DGCCRF y a constaté.

Votre devis est déjà un document réglementé

Pour une partie de ces métiers, le devis n’est pas un document commercial libre. L’arrêté du 24 janvier 2017 relatif à la publicité des prix des prestations de dépannage, de réparation et d’entretien dans le secteur du bâtiment et de l’équipement de la maison, publié sur Légifrance (2017), fixe un contenu minimal.

Son article 2 énumère les informations de prix à communiquer avant la conclusion du contrat, dont les taux horaires de main-d’oeuvre TTC, les modalités de décompte du temps, les frais de déplacement et le caractère gratuit ou payant du devis. Son article 3 précise que ces informations figurent dans les locaux, sont lisibles depuis l’extérieur en cas de vitrine, et figurent sur tout espace de communication en ligne dédié au professionnel. Son article 4 impose un devis préalablement à l’exécution de toute prestation, avec une liste de mentions fixée.

Autrement dit, une partie de ce qu’un prestataire pourrait vous vendre comme un travail de page tarifs relève, pour ces métiers, d’une obligation d’affichage déjà écrite. Nous rapportons le texte et ses liens, sans qualifier aucune pratique et sans délivrer aucun conseil juridique.

Ce que l’arrêté du 24 janvier 2017 impose aux prix et au devisSchéma en trois colonnes, une par article de l’arrêté. Le titre du schéma indique : trois articles, un contenu imposé. Le sous-titre précise qu’il s’agit de l’arrêté du 24 janvier 2017 sur la publicité des prix. Première colonne, article 2, sous-titre avant la conclusion du contrat. Elle liste six éléments : taux horaires TTC, décompte du temps, prix des forfaits éventuels, frais de déplacement, devis gratuit ou payant, autres conditions. Deuxième colonne, article 3, sous-titre où ces informations figurent. Elle indique trois emplacements : dans les locaux à l’endroit où se tient la clientèle, lisibles depuis l’extérieur en cas de vitrine, et sur tout espace de communication en ligne. Troisième colonne, article 4, sous-titre devis avant toute prestation. Elle liste six mentions : date, entreprise et client, lieu d’exécution, nature exacte des travaux, décompte détaillé par unité, total hors taxes et toutes taxes comprises avec taux de TVA, durée de validité de l’offre. Deux notes figurent en bas. La première précise que le périmètre est le dépannage, la réparation et l’entretien du bâtiment et de l’équipement de la maison. La seconde précise que ni la création de jardin, ni le ménage, ni l’aide à domicile ne sont concernés, et qu’il s’agit d’un fait rapporté sans conseil juridique.Trois articles, un contenu imposéArrêté du 24 janvier 2017 sur la publicité des prix.Article 2Avant la conclusion du contratTaux horaires TTCDécompte du tempsPrix des forfaits éventuelsFrais de déplacementDevis gratuit ou payantAutres conditionsArticle 3Où ces informations figurentDans les locaux, à l’endroitoù se tient la clientèleLisibles depuis l’extérieuren cas de vitrineSur tout espace decommunication en ligneArticle 4Devis avant toute prestationDate, entreprise, clientLieu d’exécutionNature exacte des travauxDécompte détaillé par unitéTotal HT et TTC, taux de TVADurée de validité de l’offrePérimètre : dépannage, réparation et entretien du bâtiment et de l’équipement de la maison.Ni la création de jardin, ni le ménage, ni l’aide à domicile. Fait rapporté, sans conseil juridique.
Périmètre strict : dépannage, réparation et entretien du bâtiment et de l'équipement de la maison. Fait rapporté sans conseil juridique. Source : Légifrance, arrêté du 24 janvier 2017 (2017)

Comment décider quand aucun tableau de bord ne peut vous aider ?

Avec des règles, pas avec un tableau de bord. Puisque la mesure vous est refusée par la taille de votre échantillon, la décision se prend sur l’exigence du canal et sur la solidité de la preuve disponible. Quatre règles suffisent.

Commencez par ce qui exige le moins et qui est le mieux établi : demander son avis à chaque client coûte quelques minutes par chantier, rien en argent, aucune compétence.

N’engagez jamais un canal sur son rendement annoncé, mais sur le temps qu’il vous prendra dans six mois. Un canal abandonné n’a pas de rendement.

Préférez, à budget égal, le canal dont la barrière est administrative à celui dont la barrière est une compétence que vous n’avez pas le temps d’acquérir. Un dossier se remplit une fois ; une compétence de rédaction publicitaire se réapprend en continu.

Enfin, exigez de tout prestataire l’échantillon, l’année, le pays et le commanditaire de chaque chiffre avancé. Un rapport syndical de 1977 et un livre de consultant de 1989 ne fondent pas votre décision en 2026.

En bref

  • Demandez son avis à chaque client, systématiquement. C’est le canal dont l’exigence est la plus faible et la preuve la plus solide.
  • Jugez un canal au temps qu’il vous prendra dans six mois. Parmi les entreprises françaises présentes sur les réseaux sociaux, 46 % y publient chaque semaine contre 61 % en 2023, et 27 % dans le bâtiment.
  • Ne payez jamais pour un rendement que personne ne peut mesurer. Sept des dix canaux examinés ici n’ont aucune mesure publiée.

MAstratos est un cabinet de croissance qui travaille la marque, le site et l’acquisition ensemble. Nous ne vendons pas de référencement et nous ne promettons aucune position. Si vous voulez savoir quels canaux votre entreprise peut réellement tenir dans la durée, prenez des renseignements.