Acheter un nom de domaine coûte quelques euros et prend cinq minutes. C’est pour cela que le sujet paraît mineur, et c’est précisément pourquoi il produit des dégâts.
Trois choses coûtent cher, et aucune ne se joue au moment de l’achat : ne pas être titulaire du domaine, le laisser expirer, et en changer sans plan. La documentation de Google recommande d’ailleurs, après un changement, de continuer à payer l’ancien domaine pendant au moins un an, ce qui donne une idée de la valeur qu’il faut lui accorder.
Cette page traite le domaine lui-même. Le choix du nom de marque et sa protection sont un sujet distinct, développé dans choisir, vérifier et déposer un nom de marque.
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Le dossier de vos noms de domaine
Le classeur qui centralise ce qui se perd habituellement : qui est titulaire de quoi, quelles échéances arrivent, quelles variantes sont réservées, et le plan à dérouler le jour d'un changement de domaine.
- Le recensement de vos domaines, avec titulaire réel et bureau d'enregistrement
- Le suivi des échéances de renouvellement et des contacts d'alerte
- Le contrôle des variantes réservées et des redirections en place
- La vérification de détention, avec les points à contrôler dans le WHOIS
- Le plan de changement de domaine en douze étapes, avec la fenêtre des 180 jours
- Le cycle d'expiration du .fr, et les questions à poser pour vos autres extensions
Format Classeur XLSX, 6 onglets. Aucune inscription à une liste de diffusion.
Le piège du titulaire, et pourquoi il tient si longtemps
La détention du domaine est le problème le plus fréquent que nous rencontrons sur les sites d’entreprises établies, et il reste invisible tant que la relation avec le prestataire est bonne.
Beaucoup d’entreprises croient posséder leur nom de domaine parce qu’elles le paient. Or le paiement ne dit rien de la détention : ce qui compte est la ligne « titulaire » du registre, et elle porte parfois le nom de l’agence qui a créé le site, celui d’un développeur indépendant, ou celui d’un salarié parti depuis.
La documentation de l’Afnic, registre du .fr, distingue clairement deux opérations que le langage courant confond.
Le changement de titulaire. Le domaine est transféré « à toute autre personne éligible pour enregistrer un nom de domaine ». C’est un changement de propriétaire.
Le changement de bureau d’enregistrement
Vous pouvez « changer de bureau d’enregistrement à tout moment », en fournissant au nouveau prestataire « le code secret AUTH_INFO associé à votre nom de domaine ». C’est un changement d’intermédiaire administratif, rien de plus.
La conséquence est celle qui surprend le plus : récupérer la gestion de son domaine chez un autre prestataire ne vous rend pas titulaire. Une entreprise peut parfaitement changer d’agence, rapatrier la facturation, et rester juridiquement dépendante de son ancien prestataire pour un actif dont dépendent son site et l’ensemble de ses adresses de courrier électronique.
Ce qu’il faut faire. Consultez le WHOIS de votre domaine et lisez la ligne du titulaire. Si ce n’est pas votre entreprise, demandez une transmission, pas un transfert. Les deux mots ne désignent pas la même opération et la confusion est fréquente, y compris chez des prestataires de bonne foi.
Ce sujet est parallèle à celui de la propriété des livrables, qui obéit à la même logique : payer ne suffit pas à détenir. Il est traité pour la charte graphique dans faire faire sa charte graphique.
Comment vérifier qui est titulaire du domaine ?
Le conseil « consultez le WHOIS » mérite une précision, car le registre ne publie pas la même chose selon la nature du titulaire, et c’est justement ce qui rend la vérification instructive.
Pour un .fr, l’Afnic applique deux régimes distincts.
Si le titulaire est une personne morale, c’est-à-dire une entreprise, ses données sont publiées : raison sociale, adresse postale, téléphone, adresse électronique et identifiant.
Si le titulaire est une personne physique, la diffusion restreinte s’applique par défaut, et depuis bien avant le RGPD. Aucune donnée personnelle n’est publiée, sauf si le titulaire a expressément demandé le contraire.
La conséquence est directement exploitable. Si vous interrogez le WHOIS de votre domaine et que vous y lisez la raison sociale de votre entreprise, tout va bien. Si vous y lisez le nom d’une autre société, vous connaissez votre problème. Et si vous n’y lisez rien du tout, votre domaine est très probablement au nom d’une personne physique, un développeur, un ancien associé, un salarié. L’absence d’information est elle-même le signal.
Dans les deux derniers cas, la vérification s’arrête là et une seule question compte : obtenir une transmission au nom de l’entreprise. Cela se demande par écrit, cela se constate ensuite dans le registre, et cela n’a rien à voir avec le fait de récupérer les identifiants de connexion.
Deux réflexes complémentaires, une fois la détention établie.
Notez le code AUTH_INFO ou sachez où le récupérer. C’est lui qui permet de changer de bureau d’enregistrement, et le demander en urgence à un prestataire avec lequel la relation s’est dégradée n’est pas une position confortable.
Vérifiez les adresses de contact déclarées, qui conditionnent la réception des alertes de renouvellement, sujet de la section suivante.
L’expiration, et ce qui se passe vraiment
Le second risque est mécanique, et il frappe souvent des entreprises en bonne santé : personne ne surveille l’échéance parce que personne ne se sent responsable d’un actif qui coûte le prix d’un déjeuner par an.
Pour un .fr, la mécanique est documentée. Le défaut de renouvellement conduit votre bureau d’enregistrement à transmettre une demande de suppression à l’Afnic, ce qui ouvre une période de rédemption de trente jours. Pendant cette fenêtre, seul le bureau d’enregistrement peut demander la restauration du domaine. Passé ce délai, le nom redevient disponible et peut être attribué à quiconque le demande, selon le principe du premier arrivé, premier servi.
Autrement dit, un domaine perdu ne se récupère pas, il se rachète, à condition que le nouveau titulaire accepte de le céder et au prix qu’il fixe. Les noms correspondant à des entreprises identifiables sont surveillés par des acteurs qui en font commerce.
Les conséquences d’une expiration dépassent largement le site. Vos adresses de courrier électronique cessent de fonctionner, ce qui interrompt aussi les procédures de récupération de mot de passe de tous vos comptes rattachés à ces adresses. C’est la panne la plus totale que puisse subir une PME, pour un oubli de renouvellement.
Les trois mesures qui évitent l’oubli
Trois mesures simples suffisent.
Activer le renouvellement automatique, et vérifier que le moyen de paiement enregistré est toujours valide, ce qui est le point de défaillance le plus courant.
Vérifier l’adresse de contact du domaine. Les rappels de renouvellement partent vers l’adresse déclarée au registre. Si cette adresse est celle d’un ancien salarié ou d’un prestataire, vous ne recevrez jamais l’alerte.
Inscrire l’échéance dans un endroit qui survit aux départs, c’est-à-dire ailleurs que dans la boîte de réception d’une seule personne.
Le cycle diffère selon l’extension, et le .com laisse plus de marge
Le calendrier décrit ci-dessus vaut pour le .fr. Les extensions génériques comme le .com, le .net ou le .org relèvent de l’ICANN, l’organisme qui coordonne le système de noms de domaine, et leur cycle est à la fois plus long et plus standardisé.
| Phase | .fr (Afnic) | Extensions génériques (ICANN) |
|---|---|---|
| Après l’échéance | Le bureau d’enregistrement transmet une demande de suppression | Période de renouvellement automatique, de 1 à 45 jours selon le bureau d’enregistrement |
| Récupération possible | Rédemption de 30 jours, par le bureau d’enregistrement seul | Rédemption de 30 jours imposée à tous les registres |
| Avant remise sur le marché | Aucune phase supplémentaire | Suppression en attente pendant 5 jours |
| Ensuite | Premier arrivé, premier servi | Premier arrivé, premier servi |
Trois enseignements pratiques, et ils ne vont pas tous dans le même sens.
Le .com vous laisse davantage de temps
La politique de récupération des enregistrements expirés impose aux registres génériques une période de rédemption de 30 jours, précédée d’une période de renouvellement automatique qui peut atteindre 45 jours selon votre prestataire, et suivie de 5 jours de suppression en attente. Au total, la fenêtre de récupération est nettement plus large que sur un .fr.
La durée exacte dépend de votre bureau d’enregistrement. La période de renouvellement automatique n’est pas fixe, elle est comprise dans une fourchette. Deux prestataires n’offrent donc pas la même marge sur la même extension, ce qui est une question à poser avant de choisir plutôt qu’après avoir oublié une échéance.
Une récupération tardive se paie. La restauration pendant la période de rédemption fait l’objet d’une facturation distincte du renouvellement ordinaire, à un tarif sans rapport avec lui. Renouveler à temps reste, de loin, l’option la moins coûteuse.
Un point qui vaut pour toutes les extensions : ces délais courent à partir d’événements que vous ne voyez pas nécessairement passer. C’est la raison pour laquelle la surveillance de l’échéance prime sur la connaissance du calendrier de rattrapage.
Choisir un domaine : ce qui compte, et ce qui ne compte pas
Le choix se discute moins qu’on ne le croit, à condition de savoir ce qui décide vraiment.
Ce qui compte. Qu’il se dicte au téléphone sans épeler. C’est le test le plus fiable et le plus négligé : en B2B, votre domaine est prononcé dans des conversations, laissé sur des messageries vocales, écrit à la main sur des salons. Un nom qui exige « avec un tiret », « en un seul mot » ou « k comme kilo » vous coûte une part de vos contacts, chaque fois.
Ce qui compte aussi. Qu’il supporte l’élargissement de votre offre. Un domaine composé de mots clés vieillit mal dès que vous vendez autre chose, exactement comme un logo qui illustre littéralement le métier, sujet abordé dans logo d’entreprise B2B.
Ce qui pèse moins qu’on ne le dit
Les mots clés dans le domaine, dont l’effet supposé sur le référencement est largement surestimé, et dont le coût est réel : difficulté de prononciation, ressemblance avec les pratiques des sites de faible qualité, et enfermement dans une offre.
Sur l’extension. Le .fr signale un ancrage français, ce qui rassure sur un marché national ; le .com est attendu par défaut à l’international. Le critère utile reste ce que vos interlocuteurs taperont spontanément. En cas d’hésitation, réservez les deux et faites pointer l’une vers l’autre : le coût est marginal au regard du risque qu’un tiers occupe la variante que vos clients essaieront en premier.
Une vérification à ne pas confondre avec l’autre. La disponibilité technique d’un domaine ne dit rien de sa disponibilité juridique. Un nom peut être libre à l’enregistrement et déjà protégé comme marque, auquel cas l’enregistrer vous expose. Cette vérification, que l’INPI ne fait pas à votre place, est détaillée dans choisir, vérifier et déposer un nom de marque.
Jusqu’où faut-il réserver les variantes ?
La question revient à chaque création : faut-il acheter les fautes de frappe, les extensions voisines, les versions avec et sans tiret ? La réponse raisonnable tient en trois niveaux, et le troisième est presque toujours du gaspillage.
Ce qui se justifie presque toujours. L’extension principale de votre marché et celle que vos interlocuteurs essaieront spontanément, généralement le .fr et le .com. Ces deux-là se réservent ensemble et l’une redirige vers l’autre.
Ce qui se justifie souvent. La variante avec ou sans tiret si votre nom en comporte un, parce que personne ne retient la présence d’un tiret. Et la variante correspondant à une orthographe réellement ambiguë de votre nom, celle que vous êtes obligé d’épeler au téléphone. Si vous n’épelez jamais, vous n’avez pas ce problème.
Ce qui ne se justifie presque jamais. L’achat systématique de dizaines de fautes de frappe et d’extensions exotiques. Le raisonnement qui consiste à se protéger de tout revient à payer un abonnement permanent contre un risque théorique, et il n’a pas de fin : il existe toujours une variante de plus.
Un point de méthode : les domaines réservés en défense doivent rediriger vers votre adresse de référence, pas rester inactifs ni servir de sites secondaires. Un domaine parqué qui affiche une page de publicité de votre registrar dégrade votre image sans que vous le sachiez, et un second site au contenu proche crée une concurrence entre vos propres pages.
Les quatre adresses d’un même site
Un même site est généralement accessible par quatre chemins : avec et sans www, en http et en https. Ce sont bien des adresses distinctes, et la documentation de Google sur la canonicalisation range explicitement les variantes de protocole parmi les causes de contenu dupliqué, en citant « les versions HTTP et HTTPS d’un site ».
En pratique, Google ne vous pénalise pas pour cela. Il regroupe les pages qui lui semblent identiques et en retient une comme canonique, celle qui lui paraît « objectivement la plus complète et la plus utile » d’après les signaux collectés. La version canonique est ensuite explorée plus régulièrement, les doublons moins souvent.
Le point à connaître est ailleurs, et la documentation est explicite : indiquer une préférence canonique « est une indication, pas une règle ». Google peut retenir une version différente de celle que vous souhaitez. Vous laissez donc à un tiers une décision qui vous appartient.
Ce qu’il faut faire. Choisir une adresse de référence, une seule, et rediriger toutes les autres vers elle de façon permanente. Le choix entre avec et sans www n’a pas d’importance en soi ; ce qui compte est qu’il soit tranché et appliqué partout, y compris dans vos liens internes, vos courriels et vos supports imprimés.
Sous-domaine ou répertoire : que choisir ?
La question se pose dès qu’il s’agit d’ajouter un blog, un espace client, une documentation ou une boutique. Faut-il blog.exemple.fr ou exemple.fr/blog ?
Le répertoire est le choix par défaut en B2B. Tout reste sous une seule adresse, la gestion est unifiée, et vous n’avez qu’un ensemble à surveiller et à sécuriser.
Le sous-domaine se justifie quand la partie concernée tourne sur une plateforme distincte que vous ne pouvez pas servir depuis le même endroit, ce qui est fréquent pour un espace client ou une application tierce.
Un détail technique qui pèse le jour où vous déménagez : l’outil de changement d’adresse de Google ne migre pas automatiquement les sous-domaines. Chaque sous-domaine constitue un chantier à part, ce qui ajoute du travail à un moment où vous en avez déjà beaucoup.
Changer de domaine : ce que Google fait, et ce qu’il ne fait pas
Vous changez de nom, vous fusionnez deux entités, vous quittez une extension : le domaine change, et le référencement acquis est en jeu.
Google met à disposition un outil de changement d’adresse dans la Search Console, qui « informe Google du changement et contribue au remplacement de l’ancienne adresse de votre site par la nouvelle ». Quatre points de sa documentation méritent d’être connus avant de commencer.
Il est réservé aux propriétés définies au niveau du domaine. Vous ne pouvez pas l’utiliser pour un chemin comme exemple.com/section, et vous devez avoir vérifié les deux domaines dans la Search Console avec le même compte.
Il ne migre pas les sous-domaines automatiquement. À traiter séparément, comme évoqué plus haut.
Le transfert des signaux dure 180 jours. Au-delà, la documentation est catégorique : « Google ne reconnaîtra plus aucune relation entre l’ancien et le nouveau site ». Cette fenêtre est votre marge de manoeuvre, et elle ne se rouvre pas.
Les redirections doivent survivre à la fenêtre
La documentation recommande de les conserver « pendant au moins 180 jours, voire plus si des internautes continuent à accéder à l’ancien site », et de « continuer à payer l’ancien domaine pendant au moins un an ». C’est la phrase la plus utile de tout le sujet, et celle qu’on oublie le plus souvent, parce qu’une fois la migration réussie l’ancien domaine ressemble à une dépense inutile.
Un changement de domaine s’accompagne presque toujours d’un changement d’adresses de pages, qui obéit à ses propres règles et représente le gros du travail. L’ensemble de la démarche est détaillé dans migrer un site sans perdre son référencement.
Et si le changement de domaine accompagne un changement de nom d’entreprise, les démarches juridiques sont un chantier distinct, traité dans changer de nom ou d’identité de marque.
Par où continuer, selon votre situation
Vous n’êtes pas sûr d’être titulaire. C’est la priorité. Lisez le WHOIS, puis demandez une transmission si nécessaire. Rien d’autre sur cette page n’a d’importance tant que ce point n’est pas réglé.
Vous cherchez encore votre nom. La disponibilité technique ne suffit pas : choisir, vérifier et déposer un nom de marque.
Vous allez changer de domaine. Commencez par la fenêtre des 180 jours et le plan de redirections : migrer un site sans perdre son référencement.
Vous changez aussi de nom d’entreprise. Les formalités et leurs coûts réels : changer de nom ou d’identité de marque.
Vous vous demandez qui surveille tout cela. L’entretien d’un site couvre rarement ce que l’on croit : maintenance d’un site, ce que couvre vraiment un contrat, et l’hébergeur en couvre encore moins : hébergement d’un site B2B.
Vous montez un projet de site. Le domaine n’est qu’une pièce : ce qui décide de la performance d’un site, et cahier des charges de site web.
En bref
- Le coût d’un domaine n’est jamais à l’achat. Il est dans la détention, le renouvellement et le changement.
- Titulaire et bureau d’enregistrement sont deux choses différentes. Changer de prestataire ne vous rend pas titulaire. Lisez la ligne du registre, c’est la seule qui compte.
- Un .fr non renouvelé entre en rédemption pendant trente jours, pendant lesquels seul le bureau d’enregistrement peut agir. Ensuite, il repart au premier demandeur.
- Une expiration coupe aussi vos adresses de courrier électronique, donc les procédures de récupération de mot de passe de tous les comptes qui en dépendent.
- Quatre adresses mènent à votre site. Choisissez-en une et redirigez les autres : votre préférence canonique est une indication, pas une règle.
- Le répertoire est le choix par défaut, le sous-domaine se justifie par une contrainte technique. Et les sous-domaines ne suivent pas automatiquement lors d’un changement d’adresse.
- Après un changement, la fenêtre est de 180 jours, et Google recommande de conserver les redirections au moins aussi longtemps et de payer l’ancien domaine encore un an.
Si vous reprenez un site existant, la ligne du titulaire et la date d’échéance sont les deux premières choses à contrôler. Parlons de votre projet, ou découvrez notre approche de la création de site B2B.