Vous choisissez un objectif de conversion, d’installation ou de visite. Vous serez facturé à l’impression. Toujours, et quel que soit l’objectif.

La documentation technique de la régie ne laisse aucune place à l’interprétation : « quel que soit l’objectif d’optimisation sélectionné, l’événement de facturation restera l’impression ». Le champ correspondant de son interface de programmation n’admet d’ailleurs qu’une seule valeur possible.

Ce que l’objectif change, c’est la lecture de votre enchère. Sur l’objectif d’impressions, votre enchère est un plafond que la régie ne dépassera pas. Sur tous les autres, elle devient un objectif de coût, et la régie précise qu’il « n’est pas un maximum et peut être dépassé ».

Cet article décrit ce que cette régie facture, ce qu’elle exige comme budget réel, qui vous touchez vraiment en France selon le régulateur, ce que l’Europe y a retiré, et ce que la Commission européenne lui reproche depuis mars 2026.

L’objectif ne change pas la facturation, il change l’enchère

C’est le point qui fausse le plus d’arbitrages sur ce canal, et il est écrit noir sur blanc dans deux documents distincts de la régie.

Le centre d’aide indique que « vous serez facturé aux impressions », et qu’« indépendamment de l’objectif d’un groupe d’annonces, les annonceurs sont facturés lorsque des impressions sont délivrées ».

La documentation technique va plus loin : le champ qui détermine l’événement de facturation n’accepte qu’une valeur, l’impression. Il n’existe pas d’autre option.

Ce que l’objectif détermine réellement, c’est la façon dont votre enchère est interprétée, et la distinction est importante pour un budget.

Sur l’objectif d’impressions, votre enchère est un coût pour mille maximum : la régie ne le dépassera pas.

Sur tous les autres objectifs, qu’il s’agisse de clics, d’installations, de vues de deux ou quinze secondes, d’achats remontés par la balise ou de formulaires, votre enchère devient un objectif de coût. La documentation précise qu’il « n’est pas un maximum et peut être dépassé ».

La conséquence est concrète, et la régie en donne elle-même l’exemple. Avec une enchère de cinq unités monétaires sur un objectif de conversion, vous pouvez voir dix unités d’impressions délivrées dans la journée sans qu’aucune conversion ne survienne. Votre coût par acquisition du jour n’est alors pas de cinq : il est infini.

Ce n’est pas une anomalie, c’est le fonctionnement normal d’une enchère optimisée, et il est partagé par d’autres régies. Mais il faut l’avoir compris avant de fixer un budget, parce qu’il interdit de raisonner en coût par résultat garanti.

Deux précisions utiles. Sur les formats réservés, le coût pour mille est fixé au moment de la réservation. Et une « vue vidéo » est définie comme une impression assortie d’au moins deux secondes de visionnage, ou d’un clic. Ce n’est pas une complétion, et c’est un point que nous avons traité pour l’ensemble des plateformes dans ce que vous achetez quand vous achetez de la vidéo.

Evenement facture par la regie Snapchat selon l objectif de campagne retenuRegime de facturation de la regie publicitaire Snapchat selon l objectif de campagne retenu par l annonceur, etabli a partir de deux documents distincts de la regie. Le centre d aide indique que l annonceur sera facture aux impressions et qu independamment de l objectif d un groupe d annonces les annonceurs sont factures lorsque des impressions sont delivrees. La documentation technique va plus loin puisque le champ determinant l evenement de facturation dans l interface de programmation n accepte qu une seule valeur, l impression, aucune autre option n existant, et qu elle enonce que quel que soit l objectif d optimisation selectionne l evenement de facturation restera l impression. Ce que l objectif determine reellement est la facon dont l enchere est interpretee : sur l objectif d impressions, l enchere constitue un cout pour mille maximum que la regie ne depassera pas ; sur tous les autres objectifs, qu il s agisse de clics, d installations d application, de vues de deux ou quinze secondes, d achats remontes par la balise ou de soumissions de formulaire, l enchere devient un objectif de cout dont la documentation precise qu il n est pas un maximum et peut etre depasse. La consequence est concrete et la regie en donne elle meme l exemple : avec une enchere de cinq unites monetaires sur un objectif de conversion, l annonceur peut voir dix unites d impressions delivrees dans la journee sans qu aucune conversion ne survienne, son cout par acquisition du jour n etant alors pas de cinq mais infini. Il ne s agit pas d une anomalie mais du fonctionnement normal d une enchere optimisee, partage par d autres regies, mais qui doit etre compris avant de fixer un budget car il interdit de raisonner en cout par resultat garanti. Deux precisions completent ce tableau : sur les formats reserves le cout pour mille est fixe au moment de la reservation, et une vue video est definie comme une impression assortie d au moins deux secondes de visionnage ou d un clic, ce qui n est pas une completion.Un seul événement facturé, pour tous les objectifsLA PHRASE DE LA DOCUMENTATION TECHNIQUE« Quel que soit l’objectif d’optimisation sélectionné, l’événement de facturation restera l’impression. »OBJECTIF « IMPRESSIONS »Votre enchère est un plafond.Un coût pour mille maximum quela régie ne dépassera pas.TOUS LES AUTRES OBJECTIFSVotre enchère est un objectif.« Ce n’est pas un maximum, et ilpeut être dépassé. »L’exemple est donné par la régie elle-même.Enchère de 5 sur un objectif de conversion : 10 d’impressions peuvent être délivrées sans aucune conversion.
L'objectif ne change pas ce que vous payez. Il change la façon dont votre enchère est lue, et elle peut être dépassée. Source : Documentation technique Snapchat, interface de programmation publicitaire (2026)

Cinq euros par jour, et pourquoi ça ne suffit pas

Le plancher est bas, il est publié, et il est trompeur si on s’arrête là.

Ce qui est publié. Le budget quotidien minimum d’un groupe d’annonces est de cinq euros. La page française de la régie l’écrit en toutes lettres, et la documentation technique le confirme par sa valeur minimale. Au niveau de la campagne, le minimum documenté est de vingt unités monétaires. L’enchère minimale technique est d’un centime.

Ce que la régie recommande elle-même, sur la même page : « entre 20 et 50 euros par jour ».

Et voici ce qui rend le plancher inopérant. La régie indique par ailleurs qu’un groupe d’annonces se juge après 30 à 50 conversions alignées sur l’objectif d’enchère, et qu’une phase d’apprentissage précède la stabilisation.

Mettez les deux chiffres côte à côte. À cinq euros par jour sur un objectif d’achat, atteindre trente conversions suppose une durée qui dépasse toute fenêtre de décision raisonnable. Le plancher technique permet de lancer une campagne, pas d’en tirer une conclusion.

Une incohérence de documentation que nous signalons. La durée de la phase d’apprentissage est donnée à trois endroits différents avec trois valeurs : « quatre jours ou plus » sur la page tarifaire, « un à sept jours » dans le centre d’aide, « au moins quinze jours » sur la page de ciblage. Ne construisez pas de calendrier de décision sur l’une de ces valeurs sans l’avoir vérifiée dans votre propre compte.

Enfin, un seuil d’audience. Un groupe d’annonces ne peut pas viser moins de mille personnes, et la régie déconseille de dépasser vingt millions.

Sur les formats premium, aucun montant n’est publié. Les emplacements de prise de parole exclusive, les lentilles de réalité augmentée en première position et les offres curatées passent par un commercial, avec une grille tarifaire non publique. Nous n’avons trouvé aucun seuil de budget pour ces formats, ni aucun minimum pour l’achat en portée et répétition.

Plancher de budget publie par la regie Snapchat compare a ses propres recommandations et exigencesComparaison entre le plancher de budget publie par la regie publicitaire Snapchat et ce que la meme regie recommande et exige par ailleurs. Le budget quotidien minimum d un groupe d annonces est de cinq euros, la page francaise de la regie l ecrivant en toutes lettres et la documentation technique le confirmant par sa valeur minimale ; au niveau de la campagne le minimum documente est de vingt unites monetaires, et l enchere minimale technique est d un centime. Sur la meme page, la regie recommande cependant entre vingt et cinquante euros par jour. Et elle indique par ailleurs qu un groupe d annonces se juge apres trente a cinquante conversions alignees sur l objectif d enchere, une phase d apprentissage precedant la stabilisation. Mis cote a cote, ces chiffres rendent le plancher inoperant : a cinq euros par jour sur un objectif d achat, atteindre trente conversions suppose une duree qui depasse toute fenetre de decision raisonnable, de sorte que le plancher technique permet de lancer une campagne mais pas d en tirer une conclusion. Une incoherence de documentation doit par ailleurs etre signalee puisque la duree de la phase d apprentissage est donnee a trois endroits differents avec trois valeurs distinctes, quatre jours ou plus sur la page tarifaire, un a sept jours dans le centre d aide, et au moins quinze jours sur la page de ciblage. Un seuil d audience complete le dispositif, un groupe d annonces ne pouvant viser moins de mille personnes, la regie deconseillant par ailleurs de depasser vingt millions. Enfin, sur les formats premium, aucun montant n est publie, les emplacements de prise de parole exclusive et les lentilles de realite augmentee en premiere position passant par un commercial avec une grille tarifaire non publique.Trois chiffres de la même régie, difficiles à concilierLE PLANCHER PUBLIÉ5 €par jourAu niveau du groupe d’annonces.CE QU’ELLE RECOMMANDE20 à 50 €Sur la même page tarifaire.CE QU’ELLE EXIGE POUR JUGER30 à 50conversions, avant toute conclusion.À 5 euros par jour sur un objectif d’achat, trente conversions sont hors de portée.Le plancher technique permet de lancer une campagne. Il ne permet pas d’en tirer une conclusion.Et la phase d’apprentissage est donnée à trois endroits avec trois valeurs :« quatre jours ou plus », « un à sept jours », « au moins quinze jours ». Vérifiez dans votre compte.
Cinq euros permettent de lancer une campagne. Ils ne permettent pas d'en tirer une conclusion. Source : Snapchat, page tarifaire française et centre d'aide (2026)

Qui vous touchez réellement, selon le régulateur

L’objection est toujours la même, et elle mérite une réponse chiffrée plutôt qu’une intuition.

L’Arcom publie la répartition par âge, mesurée sur le panel Médiamétrie, pour les visiteurs mensuels de 12 ans et plus.

Tranche d’âgeSnapchatEnsemble d’internet
12-17 ans16 %9 %
18-24 ans18 %9 %
25-34 ans19 %14 %
35-49 ans24 %22 %
50-64 ans17 %23 %
65 ans et plus6 %23 %

Deux lectures sortent de ce tableau, et toutes deux sont vraies.

La première : les 25 ans et plus représentent 66 % des visiteurs, et les 35 ans et plus 47 %. L’audience adulte existe, et elle est majoritaire. Si votre cible est un dirigeant de 40 ans, il est statistiquement présent.

La seconde : la plateforme sur-représente nettement les jeunes. Les 12-17 ans y pèsent 16 % contre 9 % pour l’ensemble d’internet, et les 18-24 ans 18 % contre 9 %. À l’inverse, les 65 ans et plus y sont quatre fois moins présents qu’ailleurs.

Et une troisième dimension change tout, c’est le temps passé. Les visiteurs de 15 à 17 ans y consacrent plus de 54 heures par mois, ceux de 18-19 ans plus de 47 heures. Au-delà de 35 ans, la durée tombe à quelques heures. Vous pouvez donc atteindre un adulte sur ce canal, mais vous le croiserez beaucoup moins souvent qu’un adolescent. C’est ce qui fait la différence entre une couverture théorique et une pression publicitaire réelle.

Un chiffre à part, que nous rapportons parce qu’il est documenté par le régulateur : 46 % des 11-12 ans visitent la plateforme chaque mois, alors que l’âge minimum déclaré est de 13 ans.

Repartition par age des visiteurs francais de Snapchat comparee a celle de l ensemble des internautesRepartition par age des visiteurs mensuels francais de la plateforme Snapchat, comparee a celle de l ensemble des internautes francais, telle que mesuree par l Arcom sur le panel Mediametrie pour les visiteurs de douze ans et plus. Les douze a dix sept ans representent seize pour cent des visiteurs de la plateforme contre neuf pour cent de l ensemble d internet ; les dix huit a vingt quatre ans dix huit pour cent contre neuf ; les vingt cinq a trente quatre ans dix neuf pour cent contre quatorze ; les trente cinq a quarante neuf ans vingt quatre pour cent contre vingt deux ; les cinquante a soixante quatre ans dix sept pour cent contre vingt trois ; et les soixante cinq ans et plus six pour cent contre vingt trois. Deux lectures en ressortent, toutes deux exactes. La premiere est que les vingt cinq ans et plus representent soixante six pour cent des visiteurs et les trente cinq ans et plus quarante sept pour cent, de sorte que l audience adulte existe et qu elle est majoritaire. La seconde est que la plateforme sur represente nettement les jeunes puisque les douze a dix sept ans y pesent seize pour cent contre neuf pour l ensemble d internet et les dix huit a vingt quatre ans dix huit pour cent contre neuf, tandis qu a l inverse les soixante cinq ans et plus y sont quatre fois moins presents qu ailleurs. Une troisieme dimension change toutefois la lecture, celle du temps passe : les visiteurs de quinze a dix sept ans y consacrent plus de cinquante quatre heures par mois et ceux de dix huit a dix neuf ans plus de quarante sept heures, tandis qu au dela de trente cinq ans la duree tombe a quelques heures, ce qui signifie qu un adulte peut etre atteint sur ce canal mais sera croise beaucoup moins souvent qu un adolescent, difference qui separe une couverture theorique d une pression publicitaire reelle. Un dernier chiffre, documente par le regulateur, merite d etre rapporte : quarante six pour cent des onze a douze ans visitent la plateforme chaque mois alors que l age minimum declare est de treize ans.Qui visite réellement, et à quelle fréquenceTRANCHE D’ÂGESNAPCHATINTERNET12-17 ans16 %9 %18-24 ans18 %9 %25-34 ans19 %14 %35-49 ans24 %22 %50-64 ans17 %23 %65 ans et plus6 %23 %66 % ont 25 ans ou plus.L’audience adulte existe, et elle est majoritaire.Mais le temps passé change tout.Plus de 54 h par mois à 15-17 ans. Quelques heures après 35.Et 46 % des 11-12 ans y vont chaque mois, alors que l’âge minimum déclaré est de 13 ans.
Les 25 ans et plus sont majoritaires. Mais le temps passé, lui, est concentré chez les moins de 25 ans. Source : Arcom, Observatoire de l'audience des plateformes en ligne, exercice 2025 (2026)

Trois chiffres d’audience, et ce que chacun compte

Chiffre FranceValeurCe que c’est
Mesure par panel25,7 millionsVisiteurs uniques mensuels, moyenne 2025, base 12 ans et plus, mesurés par Médiamétrie et publiés par l’Arcom
Déclaration réglementaire28 824 702Destinataires actifs mensuels moyens, janvier à juin 2026, déclarés par la plateforme au titre du règlement européen
Portée publicitaire29,8 millionsPortée potentielle affichée par les outils de la régie, relayée par un éditeur tiers

Les écarts vont de 12 à 16 %, et ils ne sont pas des erreurs. Les trois mesures portent sur des périodes différentes, des bases d’âge différentes et des méthodes différentes : un panel équipé, une déclaration semestrielle, et une estimation de portée commerciale.

Lequel retenir, et pour quoi faire. Pour juger de la taille réelle du média, prenez la mesure par panel : c’est la seule établie par un tiers indépendant. Pour une discussion réglementaire ou une comparaison entre plateformes européennes, prenez la déclaration au titre du règlement, parce que toutes les plateformes y sont soumises de la même façon. Ne construisez jamais une hypothèse de portée sur le troisième chiffre, qui est un outil de vente.

Une observation sur la liste officielle européenne. La Commission y affiche 102 millions d’utilisateurs actifs mensuels pour cette plateforme dans l’Union. Or les rapports publiés par la plateforme elle-même donnent 97,15 millions pour le second semestre 2025 et 95,86 millions pour le premier semestre 2026. Le chiffre de la liste n’est pas daté, et la Commission précise qu’il est « tel que rapporté par le fournisseur » en réservant expressément son appréciation de la méthode de calcul. Les chiffres de cette liste ne sont donc pas des mesures auditées, et c’est vrai pour toutes les plateformes qui y figurent.

Les trois chiffres d audience de Snapchat en France et la nature de chacunComparaison des trois chiffres d audience disponibles pour la plateforme Snapchat en France et de ce que chacun mesure reellement. Le premier est de vingt cinq virgule sept millions de visiteurs uniques mensuels en moyenne sur deux mille vingt cinq, base douze ans et plus, mesure par Mediametrie et publie par l Arcom : c est la seule mesure etablie par un tiers independant. Le deuxieme est de vingt huit millions huit cent vingt quatre mille sept cent deux destinataires actifs mensuels moyens sur la periode de janvier a juin deux mille vingt six, declare par la plateforme au titre du reglement europeen sur les services numeriques. Le troisieme est de vingt neuf virgule huit millions, correspondant a la portee publicitaire potentielle affichee par les outils de la regie et relayee par un editeur tiers. Les ecarts vont de douze a seize pour cent et ne constituent pas des erreurs puisque les trois mesures portent sur des periodes differentes, des bases d age differentes et des methodes differentes, a savoir un panel equipe, une declaration semestrielle et une estimation de portee commerciale. Pour juger de la taille reelle du media il convient de retenir la mesure par panel, pour une discussion reglementaire ou une comparaison entre plateformes europeennes la declaration au titre du reglement puisque toutes y sont soumises de la meme facon, et en aucun cas de construire une hypothese de portee sur le troisieme chiffre qui constitue un outil de vente. Une observation complementaire porte sur la liste officielle europeenne : la Commission y affiche cent deux millions d utilisateurs actifs mensuels pour cette plateforme dans l Union, alors que les rapports publies par la plateforme elle meme donnent quatre vingt dix sept virgule quinze millions pour le second semestre deux mille vingt cinq et quatre vingt quinze virgule quatre vingt six millions pour le premier semestre deux mille vingt six ; le chiffre de la liste n est pas date et la Commission precise qu il est tel que rapporte par le fournisseur en reservant expressement son appreciation de la methode de calcul, ce dont il resulte que les chiffres de cette liste ne sont pas des mesures auditees, constat valable pour toutes les plateformes qui y figurent.Trois chiffres, trois naturesMESURÉ PAR PANEL25,7 MVisiteurs uniques mensuels, 2025,base 12 ans et plus. Tiers indépendant.DÉCLARÉ AU RÉGULATEUR28,8 MDestinataires actifs, janvier à juin2026. Auto-déclaré.OUTIL DE VENTE29,8 MPortée publicitaire potentielle.N’en faites pas une hypothèse de portée.Lequel retenir, et pour quoi.Le panel pour juger de la taille du média. La déclaration pour comparer des plateformes entre elles.La liste européenne affiche 102 millions. La plateforme en publie 95,9 pour le même semestre.Le chiffre de la liste n’est pas daté, et la Commission précise qu’il est « tel que rapporté par le fournisseur ».
Un panel indépendant, une déclaration réglementaire, et un outil de vente. Ne construisez pas une portée sur le troisième. Source : Arcom sur panel Médiamétrie, et rapports de transparence de la plateforme (2026)

Ce que l’Europe a retiré de votre ciblage

C’est le chapitre le plus structurant pour un annonceur français, et il est documenté avec une précision inhabituelle.

Les comptes de 13 à 17 ans ne reçoivent plus de publicité personnalisée dans l’Espace économique européen, au Royaume-Uni et en Suisse. La documentation l’écrit : la plateforme « ne sert pas aux comptes d’adolescents des publicités personnalisées fondées sur des éléments tels que certains profils de contenus consultés ou des centres d’intérêt déduits ».

Elle n’apparie pas non plus vos données. Les données personnelles que vous téléversez, par la balise, l’interface de conversions ou une liste clients, ne sont pas rapprochées des comptes d’adolescents de cette zone.

Ce qui devient indisponible pour cette tranche d’âge : le genre, les audiences prédéfinies, les audiences personnalisées, les publicités dynamiques de produits, et le ciblage selon l’état d’installation d’une application. Côté optimisation, tous les objectifs de conversion disparaissent, du clic à l’installation en passant par les événements d’achat et les formulaires.

Ce qui reste : l’emplacement, l’âge, la langue, le lieu et les informations d’appareil. Autrement dit, du contexte, pas du profil.

Et deux règles automatiques qu’il faut connaître avant de construire une campagne. Les groupes d’annonces qui ciblent exclusivement des personnes de moins de 18 ans ne diffuseront pas. Et un groupe mixte sera automatiquement ajusté pour cibler un âge minimum de 18 ans.

Un piège technique qui en découle. Dans l’interface de programmation, un âge minimum non renseigné équivaut à 13 ans. Si vous pilotez par l’API, renseignez explicitement 18 ans plutôt que de laisser le champ vide.

Pour les adultes, enfin, les utilisateurs européens peuvent refuser la publicité fondée sur le profilage. Ils continuent alors de recevoir de la publicité, mais contextuelle : âge, langue, lieu, appareil et contenu en cours de consultation.

Deux ciblages restent par ailleurs hors de portée en Europe : les données démographiques avancées, que la documentation déclare indisponibles dans l’Union, au Royaume-Uni et en Suisse, et deux des quatre familles d’audiences prédéfinies, réservées à des annonceurs sélectionnés aux États-Unis.

Restrictions de ciblage applicables aux comptes d adolescents sur Snapchat dans l Espace economique europeenRestrictions de ciblage publicitaire applicables aux comptes d adolescents de treize a dix sept ans sur la plateforme Snapchat dans l Espace economique europeen, au Royaume Uni et en Suisse, telles que documentees par la regie. Les comptes d adolescents ne recoivent plus de publicite personnalisee, la documentation indiquant que la plateforme ne sert pas a ces comptes des publicites personnalisees fondees sur des elements tels que certains profils de contenus consultes ou des centres d interet deduits. Elle n apparie pas davantage les donnees personnelles televersees par l annonceur, que ce soit par la balise, l interface de conversions ou une liste clients, avec les comptes d adolescents de cette zone. Deviennent indisponibles pour cette tranche d age le genre, les audiences predefinies, les audiences personnalisees, les publicites dynamiques de produits et le ciblage selon l etat d installation d une application ; cote optimisation, l ensemble des objectifs de conversion disparait, du clic a l installation en passant par les evenements d achat remontes par la balise et les soumissions de formulaire. Restent disponibles l emplacement, l age, la langue, le lieu et les informations d appareil, soit du contexte et non du profil. Deux regles automatiques doivent par ailleurs etre connues avant de construire une campagne : les groupes d annonces ciblant exclusivement des personnes de moins de dix huit ans ne diffuseront pas, et un groupe mixte sera automatiquement ajuste pour cibler un age minimum de dix huit ans. Un piege technique en decoule puisque dans l interface de programmation un age minimum non renseigne equivaut a treize ans, ce qui impose de renseigner explicitement dix huit ans lorsque le compte est pilote par programmation. Pour les adultes enfin, les utilisateurs europeens peuvent refuser la publicite fondee sur le profilage et continuent alors de recevoir une publicite contextuelle fondee sur l age, la langue, le lieu, l appareil et le contenu en cours de consultation. Deux ciblages demeurent par ailleurs hors de portee en Europe, les donnees demographiques avancees que la documentation declare indisponibles dans l Union, au Royaume Uni et en Suisse, et deux des quatre familles d audiences predefinies reservees a des annonceurs selectionnes aux Etats Unis.Pour les 13-17 ans, il reste le contexteRETIRÉ DANS L’EEEGenre, audiences prédéfiniesAudiences personnalisées et similairesPublicités dynamiques de produitsTous les objectifs de conversionCE QUI RESTEEmplacementÂge, langue, lieuInformations d’appareilDu contexte, pas du profil.Deux règles automatiques, à connaître avant de construire une campagne.Un groupe visant uniquement des moins de 18 ans ne diffusera pas. Un groupe mixte est ramené d’office à 18+.Le piège si vous pilotez par interface de programmation :un âge minimum non renseigné vaut 13 ans. Renseignez 18 explicitement.
Un groupe d'annonces visant uniquement des mineurs ne diffuse pas. Un groupe mixte est ramené d'office à 18 ans et plus. Source : Snapchat, centre d'aide, page sur le règlement général sur la protection des données (2026)

La procédure ouverte, et l’erreur française qui circule

Deux sujets distincts sont systématiquement confondus. Nous les séparons.

Le 26 mars 2026, la Commission européenne a ouvert une procédure formelle contre la plateforme, au titre du règlement sur les services numériques, portant sur la sécurité, la vie privée et la protection des enfants. Cinq axes sont visés.

La vérification de l’âge d’abord, l’auto-déclaration étant jugée insuffisante : elle n’empêche pas l’inscription des moins de 13 ans et ne distingue pas les moins de 17 ans. Puis le recrutement de mineurs à des fins criminelles. Les réglages par défaut, notamment la recommandation automatique de jeunes utilisateurs et les notifications actives. La vente de produits illicites ou soumis à âge minimum. Et enfin les mécanismes de signalement de contenus illicites, jugés difficiles d’accès.

L’amende encourue va jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel. Mais à ce jour, aucune amende ni conclusion préliminaire ne figure sur la liste officielle de la Commission. Une procédure ouverte n’est pas une condamnation, et il serait malhonnête de la présenter autrement.

Et voici l’erreur française qu’il faut corriger, parce qu’elle circule dans des articles sérieux.

On lit que l’accès aux réseaux sociaux serait interdit en France aux moins de 15 ans depuis la rentrée 2026. C’est faux. La loi du 24 août 2026 portait bien cette interdiction à son article premier. Mais le Conseil constitutionnel a censuré cet article le 14 août 2026, avant la promulgation.

Les motifs méritent d’être connus, parce qu’ils fixent le cadre de tout texte futur. L’interdiction s’appliquait indistinctement à toutes les plateformes sans distinguer les services selon leurs risques réels. Elle ne prévoyait aucun mécanisme d’autorisation parentale. Et elle impliquait une vérification d’âge obligatoire sans établir les garanties correspondantes en matière de vie privée. L’atteinte à la liberté d’expression a été jugée disproportionnée.

Pour un annonceur, la conséquence pratique est simple : rien n’a changé en France sur l’accès des mineurs. Ce qui a changé, et depuis 2023, c’est la publicité qui leur est servie, et cela vient du droit européen, pas du droit français.

Procedure europeenne ouverte contre Snapchat et censure de l interdiction francaise des reseaux sociaux aux moins de quinze ansEtat des deux dossiers reglementaires relatifs a la plateforme Snapchat et a la protection des mineurs, qui sont systematiquement confondus. Le premier est europeen : le vingt six mars deux mille vingt six, la Commission europeenne a ouvert une procedure formelle contre la plateforme au titre du reglement sur les services numeriques, portant sur la securite, la vie privee et la protection des enfants, et visant cinq axes, a savoir la verification de l age dont l auto declaration est jugee insuffisante puisqu elle n empeche pas l inscription des moins de treize ans et ne distingue pas les moins de dix sept ans, le recrutement de mineurs a des fins criminelles, les reglages par defaut notamment la recommandation automatique de jeunes utilisateurs et les notifications actives, la vente de produits illicites ou soumis a age minimum, et les mecanismes de signalement de contenus illicites juges difficiles d acces. L amende encourue va jusqu a six pour cent du chiffre d affaires mondial annuel, mais aucune amende ni conclusion preliminaire ne figure a ce jour sur la liste officielle de la Commission : une procedure ouverte n est pas une condamnation. Le second dossier est francais et donne lieu a une erreur tres repandue selon laquelle l acces aux reseaux sociaux serait interdit en France aux moins de quinze ans depuis la rentree deux mille vingt six. Cela est faux : la loi du vingt quatre aout deux mille vingt six portait bien cette interdiction a son article premier, mais le Conseil constitutionnel a censure cet article le quatorze aout deux mille vingt six, avant la promulgation, au motif que l interdiction s appliquait indistinctement a toutes les plateformes sans distinguer les services selon leurs risques reels, qu elle ne prevoyait aucun mecanisme d autorisation parentale, et qu elle impliquait une verification d age obligatoire sans etablir les garanties correspondantes en matiere de vie privee, l atteinte a la liberte d expression etant jugee disproportionnee. Pour un annonceur, la consequence pratique est que rien n a change en France sur l acces des mineurs, et que ce qui a change depuis deux mille vingt trois concerne la publicite qui leur est servie, laquelle releve du droit europeen et non du droit francais.Deux dossiers qu’on confond systématiquement26 MARS 2026, EUROPE : PROCÉDURE FORMELLE OUVERTEVérification de l’âge, recrutement de mineurs, réglages par défaut, vente de produitsà âge restreint, mécanismes de signalement.Jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial. Mais aucune amende à ce jour.14 AOÛT 2026, FRANCE : L’INTERDICTION DES MOINS DE 15 ANS EST CENSURÉELe Conseil constitutionnel censure l’article premier de la loi, avant sa promulgation.Motifs : pas de distinction selon les risques des services, aucune autorisation parentale prévue,et vérification d’âge imposée sans garanties de vie privée. Atteinte disproportionnée.Pour un annonceur : rien n’a changé sur l’accès des mineurs. Ce qui a changé, c’est la publicité qui leur est servie, et c’est européen.
Une procédure ouverte n'est pas une condamnation. Et l'interdiction française des moins de 15 ans n'existe pas. Source : Commission européenne et Conseil constitutionnel (2026)

La bibliothèque publicitaire, la plus ouverte de la série

Après avoir examiné celles de LinkedIn, TikTok, Meta, Bing et Amazon, nous pouvons le dire : c’est la plus accessible techniquement.

Ce qu’elle couvre. Les publicités diffusées dans l’Union sur les douze derniers mois, plus les contenus commerciaux organiques actifs, avec une mise à jour toutes les vingt-quatre heures. La recherche se fait par nom exact du payeur ou par créateur, avec des filtres de pays, de statut et de période.

Ce qui la distingue : son interface de programmation est interrogeable sans authentification. Nous l’avons testée sur un annonceur français. Là où les autres plateformes exigent une candidature approuvée ou un compte, celle-ci répond directement.

Ce qu’elle expose, pour chaque publicité : l’identifiant, le compte publicitaire, le statut, le type de création, les langues, le titre, l’appel à l’action, un aperçu du média, la date de début, les impressions totales et leur ventilation par pays, le nom du payeur, le statut de revue et les motifs de rejet éventuels. S’y ajoute un objet de ciblage comprenant l’âge minimum, les tranches d’âge, les langues, le sens d’inclusion ou d’exclusion, et les appareils.

Ce qu’elle n’expose pas, sur notre échantillon : aucune dépense, aucun budget, aucune enchère, aucune audience personnalisée ou similaire, aucun centre d’intérêt, et aucune ventilation de la portée par tranche d’âge.

Une nuance de lecture que nous signalons sans la trancher. Le règlement parle de « nombre de destinataires atteints ». La bibliothèque publie des impressions. Ce ne sont pas la même grandeur : une personne peut recevoir plusieurs impressions. Nous constatons l’écart de vocabulaire, nous ne qualifions pas sa conformité.

Ce que vous pouvez en faire concrètement. Relever les créations actives de vos concurrents, leur volumétrie d’impressions par pays, et le nom de l’entité qui paie, lequel diffère souvent du nom commercial. Et comme ailleurs, la fenêtre étant de douze mois, un relevé daté vaut mieux qu’une consultation ponctuelle. Nous avons mené l’exercice comparatif sur la bibliothèque publicitaire de Meta.

Ce qui ne tient pas

« Snapchat, c’est pour les ados. » À moitié faux, et la moitié vraie n’est pas celle qu’on croit. Les 25 ans et plus pèsent 66 % des visiteurs. Mais le temps passé est concentré chez les plus jeunes, et surtout, les adolescents européens ne sont plus ciblables sur profil. L’argument commercial « vous toucherez les jeunes » est donc largement périmé en Europe.

« 90 % des 13-24 ans sont sur la plateforme. » C’est une donnée interne de la régie, calculée en divisant son propre nombre d’utilisateurs par une estimation de population, sur plus de vingt-cinq pays. Elle n’est pas contredite par les mesures de l’Arcom, qui donnent des couvertures élevées sur ces tranches, mais elle ne mesure pas la même chose et n’est pas française.

« Un pouvoir d’achat de 4 400 milliards de dollars. » Il s’agit d’une étude de 2021 commandée par la régie, qui additionne des dépenses discrétionnaires moyennes par pays. Détail amusant et révélateur : la page française de la régie imprime 44 000 milliards, soit un facteur dix d’écart avec sa propre version anglaise. Quand une coquille de cet ordre survit sur une page commerciale, c’est que personne ne relit les chiffres qui s’y trouvent.

« 34 % plus susceptibles d’acheter » et « l’influence des amis est quatre fois supérieure ». Études commandées par la régie, la seconde reposant sur un sondage auprès de 787 répondants américains en 2020. Ce sont des supports de vente.

« Les coûts pour mille y sont 35 % moins chers que sur Meta. » Le seul comparatif chiffré que nous ayons pu ouvrir provient d’un éditeur d’outils, porte sur les campagnes de ses propres clients, à 58 % américaines, et compare à un jeu de données Meta non publié. Aucun comparatif indépendant, audité et spécifique à la France n’existe. Non vérifié.

« À partir de 5 euros par jour. » Vrai comme plancher technique, trompeur comme budget de travail, pour les raisons développées plus haut.

Et les offres promotionnelles affichées par la régie se contredisent d’une page à l’autre : 75 euros de crédit pour 50 euros dépensés sur une page, 375 dollars pour 350 sur une autre. Ne construisez pas un plan sur l’une d’elles sans l’avoir revérifiée au moment de l’ouverture du compte.

Comment nous intervenons

Nous arrivons sur ce sujet dans deux situations : une entreprise qui écarte ce canal sur une idée d’audience, ou une entreprise qui y dépense en croyant payer au résultat.

Nous repartons de l’événement facturé. Tout y est payé à l’impression. Cela interdit de raisonner en coût par résultat garanti, et cela change la façon de construire un budget de test.

Nous calculons le budget qui rend les chiffres lisibles. Pas le plancher de cinq euros, mais le montant qui permet d’atteindre les trente à cinquante conversions au-delà desquelles la régie elle-même dit qu’on peut juger.

Nous confrontons votre cible à la mesure de l’Arcom, en regardant la couverture et le temps passé séparément. Les deux ne disent pas la même chose, et c’est le second qui détermine la pression réelle.

Nous vérifions l’âge minimum paramétré, en particulier si le compte est piloté par interface de programmation, où un champ vide vaut treize ans.

Et nous relevons la bibliothèque publicitaire de vos concurrents. Elle est interrogeable sans authentification sur ce canal, ce qui en fait l’une des veilles les moins coûteuses à mettre en place.

Par où commencer

Cessez de raisonner en coût par résultat sur ce canal. Vous payez des impressions, quel que soit l’objectif affiché.

Calculez votre budget à partir du volume de conversions visé, pas à partir du plancher de cinq euros par jour.

Regardez la couverture et le temps passé séparément dans les données du régulateur. Le premier dit si votre cible est là, le second à quelle fréquence vous la croiserez.

Renseignez explicitement l’âge minimum à 18 ans si vous pilotez par interface de programmation.

Et interrogez la bibliothèque publicitaire de vos concurrents. Elle est ouverte sans authentification, ce qui est rare.

En bref

L’événement facturé est l’impression, quel que soit l’objectif. La documentation technique n’admet aucune autre valeur. L’objectif ne change que la lecture de votre enchère, qui devient un objectif de coût pouvant être dépassé.

Le plancher est de cinq euros par jour, mais la régie recommande vingt à cinquante euros et attend trente à cinquante conversions avant qu’un groupe d’annonces puisse être jugé. Les deux indications ne se concilient pas à cinq euros.

Les 25 ans et plus représentent 66 % des visiteurs français selon le régulateur. L’audience adulte est donc majoritaire, mais le temps passé est très concentré chez les moins de 25 ans.

Dans l’Espace économique européen, les 13-17 ans ne reçoivent plus de publicité personnalisée, les groupes d’annonces visant exclusivement des mineurs ne diffusent pas, et les groupes mixtes sont ramenés d’office à 18 ans et plus.

La Commission européenne a ouvert une procédure formelle le 26 mars 2026 sur la protection des enfants. Aucune amende n’a été prononcée à ce jour.

Enfin, l’interdiction française des réseaux sociaux aux moins de 15 ans n’est pas en vigueur : le Conseil constitutionnel a censuré l’article qui la portait le 14 août 2026.